La météo n’a pas été très bonne, sauf le premier matin, ce qui n’a pas facilité la prise de notes. Ce compte-rendu est donc essentiellement en images, photographies et documents d’archives.
Lundi 23 septembre
Le plateau de Gergovie,
sous la conduite de Pierre Boivin (CNRS Clermont-Ferrand)
Outre le souvenir de la défaite de Jules César par Vercingétorix, le plateau de Gergovie est le site idéal pour appréhender un paysage géologique classique désormais classé au patrimoine mondial de l’humanité UNESCO sous l’appellation « Haut lieu tectonique – Chaîne des Puys-Faille de Limagne ».
A l’ouest le plateau des Dômes, socle hercynien érodé, sur lequel la Chaîne des Puys aligne ses appareils (dômes et cônes, coulées) ; au nord et à l’est la plaine de Limagne (fossé d’effondrement) ; entre les deux l’escarpement de la faille montrant un dénivelé important ; au sud enfin la coulée de la Montagne de la Serre, site historique de la description de « l’inversion de relief ».
Le plateau de Gergovie lui-même montre une structure complexe : une coulée basaltique, au dessus d’un ensemble de trois maars
A conserver le monument, l’altération, et les 2 intervenants?
La carrière de Gandaillat,
sous la direction de François Brugière (géologue, Education nationale)
Très grande carrière (non active) ouverte pour les besoins du chantier de l’autoroute dans l’Oligocène du graben de Limagne. Les anciens fronts de taille montrent la succession : marnes vertes en plaquettes à Cypris, calcaire marneux à Planorbe, de nouveau des marnes vertes, enfin un calcaire. La sédimentation alterne environnements palustres et lacustres.
Ponctuellement, beaux stromatolites, filon de pépérites et un « modèle de poche » très pédagogique de graben. Le site est géré par le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne, il n’y a aucun aménagement, aucune valorisation pédagogique !
A conserver la carte?
Je préfère les photos de Christian « graben miniature » et « stromatolites dans les alternance ».
Laisser au moins une photos de groupe?
Le Puy de la Poix « le sentier du bitume »
en présence de Geneviève Durand du CEN d’Auvergne)
A l’emplacement d’un ancien maar érodé, à la faveur d’une faille il y a une remontée d’hydrocarbure mélangée à une eau très salée (80 g/litre), avec dégagement de méthane, de CO2, d’H2S. Site peu spectaculaire mais original.
Le lecteur lambda ne sait pas ce qu’est un maar, peut-on garder cette explication très sommaire?
Au pied du puy de la Poix, un fossé présente d’importantes remontées de bitumes. Il n’y a pas l’odeur sur les photos, dommage. Le Puy de la Poix est un maar: les laves en remontant ont rencontré une masse d’eau qui s’est vaporisée, déclenchant une très forte explosion, formant un cône de plusieurs centaines de mètres, la pointe vers le bas. Ce cône est alors rempli par les débris de l’explosion, fragments de lave, et débris de l’encaissant: ce sont des pépérites.
A conserver?
Mardi 24 septembre
Les orgues de Montrodeix
Les superbes orgues basaltiques se sont développées dans une coulée ancienne, antérieure à la chaîne des Puys, et reposent directement sur le socle hercynien.
Nous avons pu les admirer, mais sous la pluie.
Le socle, à Fontanas
Egalement sous la pluie, nous avons pu observer à Fontanas le socle hercynien sur lequel se sont édifiés les volcans, principaux sujet d’étude de ce voyage. Il s’agit ici de monzogranite à biotite.
Coulée-grotte des laveuses, à Royat
Orgues basaltiques en pleine ville. La coulée, émise il y a 42 000 ans par le Petit Puy de Dôme, a emprunté la vallée du ruisseau Tiretaine et, fait remarquable, ce dernier, au lieu de la contourner et provoquer une inversion de relief, a creusé son lit sur la coulée elle-même. En fait, ici l’inversion de relief n’est pas encore faite.
La grotte des laveuses est naturelle, c’est une bulle de vapeur qui s’était formée sous la coulée, et qui a été dégagée par l’érosion. Elle fait 30 m de long, 10 m de profondeur, et 3,5 m de haut. Mais certains pensent qu’il s’agirait d’une poche de cendres, qui aurait été excavée par la Tiretaine (rivière).
Arkose à Paradis (Royat)
Une pause sur l’arkose pour pique-niquer, en profitant d’un arrêt de la pluie.
C’est la deuxième exception du séjour, nous ne sommes pas en terrain volcanique: à l’ouest de la carrière, c’est du granite. L’essentiel de la carrière est dans de l’arkose, sédiment de l’oligocène.
A l’ouest de la faille de Limagne, pendant son fonctionnement, il y avait un paysage de collines peu élevées, avec de nombreux lacs. Ces arkoses sont des sédiments fluviatiles.
Puy de Dôme, avec Pierre Boivin
Après 15 mn de trajet, nous arrivons au terminus. Un vent frais et soutenu nous accueille.
Dans le vent, le brouillard et une pluie fine, nous assistons à une petite conférence sur la genèse de la chaîne des puys et plus particulièrement du puy de dôme. Malheureusement nous ne voyons pas grand chose, le sommet étant toujours dans les nuages. Nous abrégeons la conférence en plein air car nous somme transis et nous la poursuivons, bien au chaud, au bar du sommet.
En attendant le train, partons voir les ruines du temple de Mercure érigé par les Romains.
Le sommet du Puy de Dôme est à 1 465m d’altitude, c’est un « dôme de lave » ou « dôme volcanique », c’est à dire une extrusion lente de lave visqueuse, provenant d’un évent volcanique.
Il s’agit ici de trachyte, datée de 10 à 15 000 ans.
Mercredi 25 septembre
Lemptegy, avec Pierre Lavina
Un volcan aménagé avec petit train, le luxe.
Initialement prévue à 9h30, la visite du Lemptégy est décalée à 10h45. En attendant notre guide, nous sommes invités à regarder les différentes animations du parcours immersif.
Il s’agit d’une ancienne carrière de pouzzolane, exploitée depuis très longtemps, mais de façon plus intensive de la fin de la 2° guerre mondiale jusqu’en 2006. L’ouverture au public date de 1992.
Avant l’expoitation, c’était un cône de 55 m égueulé au sud-ouest. Le fond de la carrière est aujourd’hui à 85 m sous l’ancien point culminant.
L’extraction de la pouzzolane a dégagé les cheminées volcaniques et les dykes latéraux de 2 cônes de scories, lemptegy 1 et Lemptégy 2.
Les cônes de scories se sont construits par la succession des éruptions de magmas plutôt fluides, faiblement à modérément explosives, appelées «stromboliennes», alternant des phases effusives, signalées par des coulées de lave, et des phases explosives, associées aux empilements pyroclastiques, formant ici l’essentiel de l’édifice, en fait le matériau qui a été exploité, la pouzzolane.
Les éruptions sont datées à environ 30 000 ans.
Des couches de cendres de couleur différentes évoquent l’histoire polyphasée du lieu: Lemptegy 1 et 2, formée par des cendres et scories du Puy des Gouttes, voire des fines apportées par le vent depuis des volcans plus lointains.
Le maar de Beaunit, avec Pierre Lavina
Les caractéristique d’un maar (volcan explosif, cf le Puy de la Poix) sont constantes. Sa profondeur est égale à 2,8 fois son diamètre. On observe des dépots à statifications entrecroisées. Ceci correspond à des explosions horizontales et verticales.
Sauterre, avec Pierre Lavina
La coulée expoitée dans la carrière de Sauterre est datée à 5,5 Ma, et repose directement sur le socle hercynien.
Le basalte issu de la fusion partielle du manteau a conservé de nombreuses enclaves de péridotites non fondues, mais aussi des fragments du socle.
Tazenat, avec Pierre Lavina
Le lac appélé « gour de Tazenat » fait 700 m de diamètre, et 60 m de profondeur. Il occupe le cratère d’un maar.
La datation par les sédiments donne un âge de 29 000 ans.
Jeudi 26 septembre
Faille de Limagne, à Artière/Ceyrat
Cette carrière fait apparaitre de façon superbe la faille de Limagne, très importante faille régionale, qui constitue la limite ouest de la Limagne. Elle est utilisée comme mur d’escalade comme en témoignent les nombreux spits de rappel. Pierre Jégouzo a cru remarquer un déplacement vertical du bas vers le haut du compartiment Limagne, ce qui n’est pas logique. Mais comme le montre les photos, la faille n’est pas une fracture unique, mais plutôt un mille-feuille. Donc on peut avoir des feuilles hérétiques.
Cette faille a fonctionné il y a environ 35 Ma, et fait aujourd’hui 700 m de haut sur le relief actuel, mais l’enfoncement réel entre la fosse de Limagne, à l’est, et le plateau des dômes, à l’ouest, est de 3km.
La fosse de Limagne est un élément du rift ouest-européen.
Musée de Gergovie
Dans ce musée très riche, on a pu apprendre que la plaine de Limagne était cultivée, et drainée par des fossés. Les gaulois avaient une ferme tous les kilomètres, et l’agriculture était déjà spécialisée.
Ils mangeaient des céréales, des légumineuses, du porc, de la chèvre, du bœuf, de la volaille, du chien et du cheval.
La chasse n’était que du loisir, mais ils ne mangeaient ni lapin, ni sanglier (et Obélix alors?)
Les Eaux de Volvic
Il y a beaucoup de visuels vantant l’approche éco-responsable de la marque.
Dans la boutique, nous avons pu déguster les différentes eaux de Volvic. Je vous conseille l’eau aromatisée au concombre (si, si, si…).
Nous avons pu consommer sans modération.
La « grotte » de Volvic
Grotte artificielle qui est en fait une carrière souterraine d’extraction de pierre de Volvic.
Ce parcours, dont la trame narrative retrace la vie de Jean LEGAY-CHEVALIER, un Auvergnat né à Volvic le 3 mai 1856, ne manque pas d’intérêt.
C’était un dessinateur, sculpteur et inventeur et a été un des plus gros exploitants de carrières de pierres de Volvic au début du XXe siècle. C’est le découvreur de l’eau de Volvic.
Carrière de la gare, à Volvic
La vallée de Volvic s’est comblée il y a environ 13 500 ans, et a été recouverte par une coulée du Puy de la Nugère il y a 11 000 ans.
Il s’agit d’une trachyandésite, exploitée depuis très longtemps, avec un essor au XIII° (cathédrale de Clermont-Ferrand – 1248), et en souterrain jusqu’au début du XX°. On la trouve dans de nombreux édifices parisiens.
Le cimetière de Volvic
Ce grand cimetière est impressionnant, avec des tombes qui sont de véritables monuments, tous en trachyte ou trachyandésite de Volvic très sombres.
Nous avons retrouvé la tombe du propriétaire de la grotte, surmontée par la statue de sa femme.
Vendredi 27 septembre
Laschamps
En partie exploitée, la coulée a néanmoins gardé la trace de l’excursion magnétique.
Cette excursion, inversion des pôles magnétiques, est datée entre 42 200et- 41 500 ans.
Puy de la Vache
Le Puy de la Vache est un volcan emblématique de la Chaîne des Puys (iconique dirait Pierre.J…) comme son jumeau Lassolas. Son cône strombolien s’est éventré, en faisant un volcan égueulé en forme de fer à cheval, permettant l’émission des laves constituant la Cheire de la Vache.
L’âge de ce volcan est de 8450 BP. Les laves sont des trachybasaltes sodiques ( hawaiite).
Au Sud-Sud-Est de l’appareil principal, nous avons visité une carrière ouverte dans un cône adventif de ce volcan de type effusif, qui expose des bombes de différents types (belle croûte de pain par exemple) et des scories.
Le Puy de la Vache culmine à 1 167 m.
La narse d’Espinasse et le Puy de l’Enfer
Le Puy de l’Enfer, volcan strombolien, et la narse de l’Espinasse, un maar, ont fonctionné simultanément : le cône strombolien du Puy de l’Enfer a vu son flanc sud emporté par les explosions phréato-magmatiques du maar d’Espinasse traversé par la rivière la Veyre. Cela explique la richesse des produits du maar en scories et lapillis scoriacés. Il s’agit de basalte.
L’âge estimé est de 12000 à 13 000 ans BP.
la Narse a évolué en tourbière, d’un intérêt floristique indéniable.
Sur les photos ci-dessous, les accumulations noires sont les projections du maar et du cône strombolien. La bande orange est un ancien sol qui a eu le temps de se former entre deux éruptions.
Roche Tuilères et Sanadoire
Les 2 sommets sont des dômes d’environ 2 Ma (2,2,-1,8).
Si les deux “roches” sont des laves de type phonolite, leur mise en place a été un peu différente.
Roche Tuilière, 1293 m : une seule injection de magma, donnant un débit en dalles.
Roche Sanadoire, 1 288 m : plusieurs injections de magma en gerbes.
La roche Sanadoire a été affectée par un effondrement sommital en 1477, lié à un tremblement de terre. Ceci a fait disparaitre toute trace d’une forteresse anglaise (guerre de cent ans).
Carrière de Tuillères
Sur le flanc Nord-Est de la Roche Tuilière s’ouvre une carrière. On remarque le débit prismatique de la lave au dessus.
Cette protrusion phonolitique est datée autour de 2 Ma. Les prismes, qui se débitent en dalles, ont été exploités du haut vers le bas.
Rochefort-Montagne
Orcival
Basilique Notre-Dame d’Orcival. L’église est de style roman auvergnat. Elle fut érigée entre 1146 et 1178, la pierre utilisée est de l’andésite.
Marie-Jo souligne que ce sont les premières photos où l’on voit du ciel bleu!
Samedi 28 septembre
Puy de la Tache
L’éruption est datée du pléistocène, à 1,6 Ma.
Dôme Gacherie
C’est un dôme-coulée de rhyolite, intrusif au travers des formations de la série inférieure du Mont-Dore, dont la lave est parvenue à s’écouler malgré sa grande viscosité, du fait que le dôme s’est installé sur le flanc d’une forte pente. L’horizontalité n’est donc pas au rendez-vous… Elle surmonte une nappe de ponce à gros blocs projetés par un épisode explosif précédent. Ce dôme (-2,5 Ma) se situe au Nord de la caldeira du Mont-Dore (-3 Ma).
La Bourboule
La Bourboule est une ville thermale très prisée au siècle dernier.
Elle est construite sur une faille que nous n’avons pas pu visiter (accès fermés). C’est cette faille qui permet la remontée des eaux thermales.
La faille 1 du panneau explicatif sur la photo ci-dessus, faille qui met en contact le granite à deux micas de la Bourboule (visible) avec la nappe de ponces inférieure (invisible sous les bâtiments)
La pierre locale est évidemment utilisée dans les batiments.
Tour d’Auvergne
A la tour d’Auvergne, on peut admirer des superbes orgues basaltiques, dans une coulée pléistocène d’une phase récente du Mont Dore.
Lac Pavin
A proximité du lac Pavin, dans des zones de tourbières, on voit dans les flaques des bouillonnements, qui correspondraient à des remontées de gaz émis par le magma présent en profondeur.
Pierre LAVINA nous expose ses idées, controversées, à propos d’inondations historiques, moyenâgeuses, causées par un dégazage massif du lac et les débordements qui s’en seraient suivis.
A été mis en place une : surveillance d’éventuelles déformations du cratère. Nous avons ici un repère géodesique.











































































