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Baie du Mont St Michel (35) en 2025

Sortie du 27 septembre 2025   Excursion en baie du Mont-Saint-Michel  (secteur occidental) avec B. Caline et O. Guérin Les cordons coquilliers de la Baie du Mont Saint Michel sous la direction de Bruno Caline (ex laboratoire de géomorphologie de l’EPHE et géologue chez Total) Examen des environnements intertidaux et des gradients sédimentaires du secteur occidental (vase, tangue, sable, coquille entière, récif) Présentation générale Le fond de la baie du Mont Saint Michel présente 18 km de cordons. Ils sont en formation depuis 8000 ans, reconnus par sondages. Les cordons actuels ont été édifiés dans une première phase aux 6ème et 7ème siècles (discontinus) puis une deuxième phase aux 9ème et 10ème siècles (continus). C’est l’énergie de la houle combinée à celle des courants de marée qui les forme. Les cordons se déplacent vers la côte, pente douce côté mer, pente forte sur le versant côté terre. En arrière des cordons s’installe une vasière « arrière cordon ». Le cordon en se déplaçant recouvre la vasière qui peut réapparaitre à l’état « fossile » en avant au pied du versant doux (voir série de photos sur La Vildé-la-Marine). La composition des cordons varie d’ouest en est : 1 – Vildé la Marine La grève présente un sédiment sablo-vaseux, la coque domine parmi les coquilles, suivi par les scrobiculaires, les tellines, les nacres et les peignes. Le transect mer-terre montre la succession : sédiment / sédiment induré = ancienne vasière / cordon / vasière arrière cordon / cordon végétalisé / route. Nous avons tracé sur le sol des carrés de 20 cm, dans lesquels nous avons fait l’inventaire des coquilles (espèces et nombre) Ci-dessus, vasière « fossile » réapparaissant au pied du versant doux 2 – Vivier sur Mer/ La larronière Ce secteur remarquable en vue aérienne avec ses proto-cordons et ses cordons Le sédiment est sableux, riche en coquilles. Les proto-cordons sont formés par les courants de marées, concaves vers le large, ils sont recouverts par les marées; ils se déplacent vers la terre, la houle prend le relais de la dynamique pour former les cordons coquilliers concaves vers la terre. Parmi les coquillages, c’est toujours la coque qui domine, mais associée avec des mactres, des couteaux et des pholades. Vue aérienne des cordon de ce secteur Les prés-salés sont fréquentés par les moutons Banane – Banc des Hermelles La Banane (secteur chapelle Ste Anne) C’est un vaste cordon. Le sable qui le constitue est orangé, du au débris des tubes des hermelles et de la matière organique (= colle !) qui y agglutine des débris de coquille. C’est un cordon récifal. Les grains noirs que l’on y observe sont des débris de roches. Parmi les coquillages, c’est toujours la coque qui domine, associée aux amandes de mer et aux spisules Le fond de la baie présente partout des coquilles: coque, crépidule, huîtres (plates en arrêts 1 et 2, creuses en arrêt 3). La laisse de haute mer contient  beaucoup de débris de moules : ce sont pour l’essentiel des morceaux des moules sous taille (MST) qui ne peuvent pas être commercialisées en AOP (appellation d’origine protégée (depuis 2011) et sont simplement rejetées à la mer par les conchyliculteurs. Les cordons coquilliers du fond de la Baie du Mont Saint-Michel sont inscrits à l’inventaire national du patrimoine géologique (BRE 0158). Le site est classé au titre de la loi de 1930 et les cordons bénéficient également d’un arrêté préfectoral de protection de biotope pour la protection de l’habitat du Petit Gravelot.

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Le voyage géologique de la SGMB en Auvergne (2024)

La météo n’a pas été très bonne, sauf le premier matin, ce qui n’a pas facilité la prise de notes. Ce compte-rendu est donc essentiellement en images, photographies et documents d’archives. Lundi 23 septembre Présentation générale du volcanisme d’Auvergne Par Pierre Boivin au début de la visite du site de Gergovie Pierre Boivin est, avec le département du Puy de Dôme, l’ un des initiateurs du dossier pour l’ obtention du label « Patrimoine Mondial de l’Unesco » de la Grande faille de Limagne et de la Chaîne des Puys, obtenu après 10 ans de procédure. C’est en effet ici que le relief de rift de l’ Ouest européen est le plus spectaculaire quant à la Chaîne des Puys, alignement de volcans monogéniques, c’est un bel exemple de tous les dynamismes éruptifs ( voir ci après )..  Depuis le Plateau de Gergovie Pierre nous a présenté l’histoire géologique de ce paysage.    – A l’ Oligocène ( 34 à 23 Ma) l’amorce de la surrection alpine provoque un étirement crustal dans tout l’Ouest européen, entraînant la formation de rifts qui restent aujourd’hui morphologiquement bien marqués. Figures 1, 2 et 3 . ( En Limagne le rifting est amorcé dès l’Eocène supérieur). En Auvergne, dans ces rifts  appelés « Limagnes », jusqu’à 3000 mètres de sédiments lacustres marno-calcaires se sont accumulés , mêlés à  des éléments volcaniques.  – Au Miocène inférieur ( 13 Ma à 5,3 Ma) l’ensemble du Massif Central est surélevé puis au Miocène supérieur ( 5,3 à 3,3 Ma) se forment des horsts.    – Le volcanisme Parallèlement au rift périalpin s’échelonnent, du Miocène au subactuel des zones volcaniques (figure 1 et 2) dont la plus importante est l’ Auvergne .  Le volcanisme  auvergnat a  été reconnu  dans la Chaîne des Puys, à Volvic, par J.E. Guettard en 1751, puis dans les autres provinces proches mais , remarque personnelle : pour ceux d’ entre nous qui ont assisté aux cours du Professeur Y. Milon à Rennes dans les années 65, nous apprenions que les romains auraient reconnus un volcan à Volvic « volcane vicus ». Sous l’Auvergne, une remontée mantellique a été mise en évidence par prospections géophysiques (sismiques, géothermiques, gravimétriques). Figure 4a. La première hypothèse a été l’ existence d’un point chaud ( R. Brousse)  mais aujourd’hui c’est celle de O. Merle et L. Michon (2001) qui est largement admise (fig.5b ). Le volcanisme néogène de l’ Ouest européen serait alors directement lié à l’ orogénèse alpine. De l’ Auvergne à la Méditerranée   provinces volcaniques ont été définies : fig. 6. ​Petite note personnelle : sur la fig. 6 on remarque l’orientation NW-SE  du Devès, des  Coirons, de l’Aubrac, cette orientation est aussi bien présente dans le stratovolcan du Cantal, bien que peu visible en cartographie ( orientation préférentielle des dykes,…). Cette remarque pour souligner la persistance des grands accidents crustaux hercyniens qui, toujours pas cicatrisés, ont guidés les venues magmatiques et,  encore aujourd’hui, cette remontée mantellique sous l’ Auvergne  (fig.4a). Chronologie. En Limagne le volcanisme apparaît dès l’Oligocène : cas particulier dû à l’étirement crustal. Les périodes d’interruption sont probablement sous estimées en raison des difficultés à dater des tephra phréatomagmatiques et de l’érosion qui en a évacué une grande partie, jusqu à 300 m ici. Le volcanisme de la Chaîne des Puys est à peine lisible à cette échelle. Les dynamismes éruptifs :    – les cônes de Pouzzolane et les coulées pour les basaltes (basaltes au sens large).    – les dômes, dômes coulées et leur tephra pour les laves plus siliceuses, plus pâteuses, au dégazage plus difficile : trachytes et phonolites,…    – les maars : quand un magma, quel que soit sa fluidalité, rencontre un aquifère soit en nappe (Limagne ) soit fissural ( Tazenat, Pavin, …), l’eau est instantanément vaporisée ( 1 cm3 d’eau donne 1 m3 de vapeur). La surpression colossale déclenche une violente explosion, créant un cratère en entonnoir entouré d’ un anneau de pyroclastes anguleux , mélange d’ éléments volcaniques et de socle (et de sédiments en Limagne). Comme pour les autres types d’éruptions ces pyroclastes peuvent retomber sur de grandes étendues. Toujours depuis le Plateau de Gergovie Pierre Boivin nous a  présenté le volcanisme de Limagne puis la carte détaillée de la Chaîne des Puys . Au cours de notre périple nous avons pu voirl les  différents dynamismes éruptifs répartis sur 14 des provinces volcaniques : Limagne, Chaîne des Puys, Monts Dore, et une petite incursion en partie nord du Cézallier (Pavin, Creux de Soucy ). Je signale un oubli : le Creux de Soucy, près du Pavin, dans une coulée du Montchal : un gros vide allongé de 30 mètres de profondeur : serait sur une faille, sous-tirage de matériaux meubles  puis effondrements successifs du plafond ? Et merci à l’équipe qui a organisé ce voyage. Texte: MJ Le Garrec 1. Rifts néogènes de l’ Ouest européen et volcanisme associé 2. Le Massif Central entre l’ arc alpin et les Pyrénées 3. MNT , relief des rifts 4. remontée mantellique sous l’ Auvergne 5. Amincissement crustal puis remontée mantellique., hypothèse de O. Merle et L. Michon 6. les provinces volcaniques 7. Chronologie Le plateau de Gergovie, sous la conduite de Pierre Boivin (CNRS Clermont-Ferrand) Outre le souvenir de la défaite de Jules César par Vercingétorix, le plateau de Gergovie est le site idéal pour appréhender un paysage géologique classique désormais classé au patrimoine mondial de l’humanité UNESCO sous l’appellation « Haut lieu tectonique – Chaîne des Puys-Faille de Limagne ». A l’ouest le plateau des Dômes, socle hercynien érodé, sur lequel la Chaîne des Puys aligne ses appareils (dômes et cônes, coulées) ; au nord et à l’est la plaine de Limagne (fossé d’effondrement) ; entre les deux l’escarpement de la faille montrant un dénivelé important ; au sud enfin la coulée de la Montagne de la Serre, site historique de la description de « l’inversion de relief ». Le plateau de Gergovie lui-même montre une structure complexe : une coulée basaltique, au dessus d’un ensemble de trois maars. Un maar est un type particulier de volcan: les laves en remontant ont rencontré une masse

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Clohars-Carnoet (29) en 2022

Sortie du 02 avril 2022 – Marie-José Le Garrec Le Bas Pouldu en Clohars-Carnoët , sud Finistère.  THEME: les protolithes de l’Ordovicien inférieur (480 Ma ) : dualité du volcanisme basaltique et du volcanisme rhyolitique en contexte sédimentaire. Les observations se font depuis l’accès à la plage de Saint-Julien jusqu’au Mât Pilote, puis retour par l’estran: Situation géologique : carte géologique à 1/50 000 de Lorient, « Unité des micaschistes du Pouldu » définie par F. Béchennec sur la carte à 1/50 000 voisine de Concarneau : carte n°1 et 2. 2 carte geologique Lorient 1ere edition (1972). 4- carte Lorient 2eme edition (2012) Carte des affleurements Le métamorphisme se situe dans les faciès de basse à moyenne pression : faciès schistes verts – amphibolites. Le feuilletage est globalement 70 à 90° Est, avec un pendage nord de 40 à 55° . Cette sortie  concerne peu le métamorphisme mais principalement les protolithes.   Arrêt 1: Au passage : un bel exemple de fauchage : Photo n°1 : Plis et fauchage Suit un niveau de prasinites d’une vingtaine de centimètres interstratifié dans des gneiss ocellés. Sa faible puissance  évoque déjà d’anciennes cendres basaltiques et non une coulée . Les gneiss ocellés sont habituellement considérés comme d’anciens niveaux de grauwackes.   Arrêt 2 :  De beaux plis intrafoliaux mis en évidence par l’alternance de niveaux clairs (métarhyolite) et de niveaux gneissiques sombres. Photo n°2 : Plis pluridécimétriques déversés vers le Sud. métacinérites rhyolitiques et amphibolites. Suit un niveau d’environ 10 m de prasinite.   Arrêt 3 : Nous avons ici, de bas en haut : en bas de falaise un niveau de prasinite (selon l’ensablement, non vu pendant la sortie) ; des porphyroïdes à ocelles plus ou moins anguleuses de quartz et albite, niveau qui s’amincit rapidement vers l’Ouest. un second niveau de prasinite, une leptynite jusqu’ au haut de la falaise. Photo n°3: superposition de porphyroïde, prasinite, gneiss clair. Photo n°4 : détail de porphyroïde Les protolithes de cet ensemble seraient :         – des métacinérites basaltiques pour les prasinites ;       – les niveaux de porphyroïdes sont habituellement interprétés comme d’anciennes nuées ardentes cependant la puissance métrique de ce niveau évoque plutôt des retombées de pyroclastites (ou une nuée ardente remaniée ?);          – le second niveau de prasinite est particulièrement intéressant par la présence d’une bombe fuselée dont on voit nettement le cratère d’impact dans les cendres, sa périphérie vitreuse bien conservée  est devenue une pellicule noire aphyrique de quelques millimètres tandis que son cœur est de l’épidotite (photos 5 et 6). La différence de composition minéralogique entre les prasinites, anciennes cendres, et l’épidotite du cœur de la bombe, plus hydraté, résulterait du piégeage des gaz lors de son refroidissement. Par ailleurs le pédoncule très fragile de telles bombes se brise lors de l’impact au sol et/ou par rétraction lors du refroidissement. Ici les différents fragments restés bien alignés sont la preuve non seulement d’un volcanisme aérien mais aussi de retombées en domaine terrestre : en domaine marin ces fragments auraient été éparpillés. Le cratère d’impact est de plus un critère de polarité. A noter dans ce même niveau quelques petites bombes décimétriques d’épidotite ayant toutes la même orientation. Photo n°5 : Dans des métacinérites basaltiques (prasinites) une bombe fuselée avec la périphérie vitrifiée noire et le cœur d’épidotite. Son cratère d’impact dans les cendres reste visible (critère de polarité). Photo n°6 : bombe basaltique actuelle avec surface vitrifiée et vacuoles au cœur.          – le gneiss clair au-dessus peut correspondre à des pyroclastites rhyolitiques plus fines éventuellement remaniées. Cet affleurement témoigne de la coexistence d’un volcanisme basaltique explosif et d’un volcanisme acide lui aussi explosif en domaine terrestre mais proche du littoral compte tenu des métagrauwackes observées précédemment. Remarquer aussi les décrochements . Photo n°7 : décrochements dextres soulignés par le décalage des prasinites.    Arrêt n° 4:  Au fond de cette première crique un filon subméridien de microgranite non déformé est daté à 329 +- 4 Ma. Sa composition chimique permet de le raccorder au granite de Guidel daté à 332 +- 4 Ma (F. Béchennec, 2012). (La situation en fond de crique de ce filon résulte d’une exploitation pour des matériaux de construction). A remarquer de part et d’autre de cette crique le décalage des niveaux de prasinites et de porphyroïdes : décrochements N-S dextres ayant aussi une composante verticale. Sur l’estran, un décrochement sénestre affectant le filon de microgranite n’est visible qu’en fonction de l’ensablement (non vu pendant la sortie). Photo n°8 : première crique : filon de microgranite avec décrochement senestre visible quand fort désensablement.   Arrêt n° 5: Seconde crique : deux failles parallèles N-S encadrent un panneau non broyé mais cependant fracturé et plissé d’amphibolite noire avec lits d’épidotite. A sa base un niveau de porphyroïde n’est visible que par fort désensablement, non vu lors de la sortie. La falaise de leptynite , métacinérites rhyolitiques, comprend quelques lits infra décimétriques de prasinite . Ces leptynites sont souvent de texture granuleuse mais certains niveaux sont aphyriques. Une brèche de faille d’une vingtaine de mètres de large termine cet ensemble. Photo n°9 : deuxième crique : panneau d’amphibolite et épidotite entre deux failles subméridiennes   Arrêt 6: Si jusqu’à présent les métapyroclastites tant basaltiques que rhyolitiques et les méta grauwackes témoignent d’un environnement littoral à sublittoral, nous passons brusquement à un tout autre environnement : des micaschistes sombres, fins, à chloritoïde, graphite et  niveaux de grenats centimétriques. Ces méta-argilites se sont déposées en milieu profond et anoxique puisque les matières organiques n’ont pas été totalement décomposées. Dans ces micaschistes intensément laminés de discrètes charnières de plis intrafoliaux sont soulignés par de fins niveaux de quartz d’exsudation. Photo n°10 : après une brèche de faille dans les métacinérites rhyolitiques (à droite) : affleurement de micaschiste fin graphiteux Photo n°11 : micaschiste fin graphiteux avec exsudats de quartz   Arrêt 7: A ces micaschistes suit un niveau stratifié, alternance d’amphibolite et d’épidotite  mais comprenant aussi des passées centimétriques à décimétriques de gneiss ocellé puis une légère discordance angulaire le sépare d’une zone plissée de 4-5 mètres de large. Photo n°12a

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Animations 2018 « Géologie en pays Bigouden »

Animations estivales: Géologie du Pays bigouden Sorties sur le terrain les mardis de juillet-Août 2018 « Visite de roches qui ne devraient pas exister … »  dirigées par Sylvain Blais Localisé à la pointe extrême sud-ouest du Massif armoricain, le Pays bigouden est une petite partie d’une chaîne de montagne d’extension mondiale : la chaîne hercynienne, formée entre 480 et 300 millions d’années, s’étendant de l’Amérique du Nord à l’Europe centrale en passant par le Massif armoricain. Cette chaîne est le résultat d’une collision entre 2 masses continentales – Armorica et Gondwana – séparées par un océan. Elle a atteint plusieurs milliers de mètres d’altitude, avant d’être érodée et d’exposer ses « entrailles ». Il est aujourd’hui possible d’y distinguer plusieurs unités : au nord, affleurent les fragments disloqués et transformés de cet ancien océan, surmontés par les micaschistes de Penhors. au sud, le granite de Pont l’Abbé, formé suite à l’épaississement de la croûte continentale et à sa fusion, s’est refroidi, il y a 300 millions d’années, dans les profondeurs de cette chaîne. Une importante déformation a alors fracturé le granite dans la région de Saint Guénolé avant que l’érosion ne lui donne des formes spectaculaires dont s’est emparée l’imagination populaire. Aujourd’hui, « les oreilles de lapin » côtoient ainsi « le tire bouchon » ou « le rhinocéros » … La sortie sur le terrain, par exemple le mardi 3 juillet 2018, sera consacrée à la partie septentrionale du Pays bigouden et pourrait s’intituler : « Visite de roches qui ne devraient pas exister » ! Les géologues conçoivent le fonctionnement du globe terrestre de la façon suivante : la croûte océanique, épaisse de 8 km, de densité de 3,2 g/cm3 est appelée à retourner dans le manteau, disparaissant sous la croûte continentale épaisse de 34 km, en moyenne, et densité plus légère (2,7 g/cm3). Cette  disparition est connue sous le terme de « subduction » (Japon, Antilles, ouest de l’Amérique …). Dans de très rares cas, le rapprochement de 2 masses continentales est plus rapide que la vitesse de disparition de la croûte océanique. Cette dernière se trouve alors pincée, disloquée entre 2 continents (Armorica au Nord, Gondwana au Sud, en ce qui concerne le Pays bigouden). Nous visiterons donc des roches très rares mais malheureusement très mal conservées localement car transformées, métamorphisées … sauf 1 affleurement exceptionnel ! Ces fragments de cette croûte océanique affleurent : – au Moulin de Pontalan : superbes serpentinites. – à Peumerit : gabbros. – à Tréogat : basaltes. Ces 3 formations correspondent aux restes de cette croûte océanique. Nous visiterons également le lieu-dit « Saint Kodelig » (et évoquerons alors P.J. Helias), les roches de Penhors et les galets de Ru Vein. Tous ce termes seront définis, explicités sur le terrain. Exceptionnel objet géologique, le Pays bigouden, balayé par les tempêtes, le vent, la pluie et les embruns est un véritable musée à ciel ouvert au sein duquel le géologue tente d’appréhender cette histoire passionnante !

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Plussulien (22) en 2016

  Samedi 1er octobre, R.V. à 10h au musée archéologique de Plussulien (22). Programme: . matin: – Visite du musée archéologique de Plussulien (22) – Site de Quelfénec: les différents faciès de dolérite (ex. métadolérite) sous la direction de Charles-Tanguy le Roux (i), en présence de Martial Caroff (ii) (i) ancien conservateur général du Patrimoine, a découvert et fouillé ce site (cf Bulletin n°9) (ii) MC en pétrologie magmatique à l’UBO (Brest) . après midi: « géologie des alentours » – Les volcanites autour du barrage de Bosméléac (communes d’Allineuc et de Merléac) – La butte St Michel (commune de St Martin-des-Prés)  excursion guidée par P. Jégouzo et M.J. Le Garrec (SGMB)  NB:  Prévoir le pique-nique. Quelfénec et quelques sites proches Le musée archéologique – Arrêt n°4 Pupitre : Les puits d’extraction Les fonceurs (mineurs) descendaient par des escaliers taillés à même la roche et atteignaient le fond du puits à près de 70 mètres de profondeur. Ils empruntaient ensuite les galeries pour rejoindre les chambres d’exploitation d’où la matière était extraite. Les blocs de schiste, une fois détachés étaient acheminés jusqu’au puits principal puis remontés à la surface grâce à un câble attaché au fond du puits et relié au chevalement de surface avant d’être transportés par wagonnets jusqu’au carreau. Le niveau actuel de l’eau rappelle qu’il était nécessaire de la pomper en permanence. L’eau était évacuée par des bouches situées au milieu des parois et rejetée dans le bief de la centrale hydraulique. L’exploitation peut se faire selon deux méthodes : L’exploitation en descendant : Par cette méthode, les ouvriers creusent le schiste par tranches successives de 3 à 4 mètres, abattant la matière sous leurs pieds dans des chambres qui se creusent de plus en plus. Lorsque le schiste est atteint, une galerie est créée dans le sens de la veine, puis une chambre de 30 à 40 mètres de long est ouverte. Les mineurs creusent une tranchée, ou foncée, de 1 m de large sur 3,33 m de profondeur, à partir de laquelle ils réalisent l’abattage du gradin (blocs de schiste). L’exploitation en remontant : Le travail de départ est le même que pour l’exploitation en descendant. Un puits et une chambre sont creusés. Cependant le puits est beaucoup plus profond car la masse exploitable doit être importante. Les ouvriers travaillent sur des ponts suspendus. Ils réalisent tout d’abord une tranchée verticale (la foncée) puis, à partir de cette dernière, ils préparent l’abattage du gradin à l’explosif. Les blocs obtenus sont débités dans le fond de la carrière en blocs plus petits avant d’être remontés en surface. Poursuivre et après le grillage aller à droite pour atteindre un bâtiment en ruines que l’on aperçoit à gauche. – Arrêt n°4 Pupitre : Les puits d’extraction Les fonceurs (mineurs) descendaient par des escaliers taillés à même la roche et atteignaient le fond du puits à près de 70 mètres de profondeur. Ils empruntaient ensuite les galeries pour rejoindre les chambres d’exploitation d’où la matière était extraite. Les blocs de schiste, une fois détachés étaient acheminés jusqu’au puits principal puis remontés à la surface grâce à un câble attaché au fond du puits et relié au chevalement de surface avant d’être transportés par wagonnets jusqu’au carreau. Le niveau actuel de l’eau rappelle qu’il était nécessaire de la pomper en permanence. L’eau était évacuée par des bouches situées au milieu des parois et rejetée dans le bief de la centrale hydraulique. L’exploitation peut se faire selon deux méthodes : L’exploitation en descendant : Par cette méthode, les ouvriers creusent le schiste par tranches successives de 3 à 4 mètres, abattant la matière sous leurs pieds dans des chambres qui se creusent de plus en plus. Lorsque le schiste est atteint, une galerie est créée dans le sens de la veine, puis une chambre de 30 à 40 mètres de long est ouverte. Les mineurs creusent une tranchée, ou foncée, de 1 m de large sur 3,33 m de profondeur, à partir de laquelle ils réalisent l’abattage du gradin (blocs de schiste). L’exploitation en remontant : Le travail de départ est le même que pour l’exploitation en descendant. Un puits et une chambre sont creusés. Cependant le puits est beaucoup plus profond car la masse exploitable doit être importante. Les ouvriers travaillent sur des ponts suspendus. Ils réalisent tout d’abord une tranchée verticale (la foncée) puis, à partir de cette dernière, ils préparent l’abattage du gradin à l’explosif. Les blocs obtenus sont débités dans le fond de la carrière en blocs plus petits avant d’être remontés en surface. Poursuivre et après le grillage aller à droite pour atteindre un bâtiment en ruines que l’on aperçoit à gauche. Clichés: F. Redois & J. Plaine

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Batz s/Mer (44) en 2016

  Sortie Batz sur Mer, Loire Atlantique Chapelle Notre Dame du Murier, XVème siècle. Le port Saint Michel. La croix des Douleurs, IXème siècle, rue Général de Gaulle. Le menhir de Pierre Longue ou menhir Saint Michel dominant le port. Discussion autour du menhir de Pierre Longue. Explications devant le menhir de Pierre Longue. Le port Saint Michel. Devant le menhir de Pierre Longue. L’érosion a mis en évidence l’architecture intime du granite en feuillets horizontaux à l’aspect de vagues. Architecture intime du granite en feuillets horizontaux. Alignement de trous pour l’emplacement des coins de bois ou de fer utilisés pour la fente des blocs de granite. Alignement de trous pour l’emplacement des coins de bois ou de fer utilisés pour la fente des blocs de granite. Observations en haut de falaise de signes religieux gravés dans le granite. Chapelle de notre Dame du murier, XVème sicèles.

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Dame Jouanne (35) en 2016

Prochaine sortie: Dame Jouanne (Ille-et-Vilaine) Samedi 4 juin 2016 sous la direction de P. Jegouzo (SGMB, Université de Rennes 1) RV à 14h sur le parking du site de la Garde-Guérin (localisation) Il s’agit d’une sortie de découverte. Outre les roches du socle (migmatites, dolérites), cette sortie sera l’occasion de découvrir les dépôts tourbeux à troncs d’arbre récemment révélés par le dégraissement de la plage de Port-Hue en 2015. Le panneau informatif réalisé par la SGMB et le CD 35 vient d’être mis en place sur le site de la Dame-Jouanne (ENSD 35), en face de la plage de Port-Hue en Saint Briac (à proximité du club-house du Golf de Dinard-Saint Briac).

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Pénestin2 (56) en 2016

Prochaine excursion : Pénestin (56) Samedi 25 juin 2016 « Les vallées incisées pléistocènes de Bretagne : l’exemple de l’estuaire de la Vilaine », sous la direction de J.N. Proust (CNRS-Université de Rennes 1) Programme: Les variations climatiques et la réactivation tectonique du Massif Armoricain au Pléistocène ont installé le cours actuel des rivières de Bretagne. Leurs vallées qui incisent un socle très ancien, montrent un remplissage mince, parfois lacunaire, caractéristique de zones intracontinentales alternativement inondées ou très éloignées du littoral (rebord de plateforme à plus de 70 km). Ce remplissage sédimentaire particulièrement caractéristique et varié, est un bon témoin de l’évolution tectonique et climatique de la région, modulée par les relations complexes entre la morphologie irrégulière d’un substratum et celle d’un littoral en perpétuel déplacement. Au cours de cette excursion d’une journée, nous visiterons les affleurements situés près de la ville de Pénestin (56) et les rivages de l’estuaire de la Vilaine entre le barrage d’Arzal et Billiers. Rendez vous à 10h00 sur le parking de la plage du Lomer à Penestin: plan (pdf) (Jpeg) Résumé géologique => Dépliant (2.8 Mo):  pdf Doodle pour co-voiturage Rennes-Pénestin (cf liste de diffusion). Références bibliographiques utiles: Brault et al_2001-BSGF (pdf, 14 Mo) Proust et al_2001-BSGF (pdf, 18.3 Mo) Menier et al_2006-SEPM (pdf, 5.8 Mo) Menier et al_2010-BSGF (pdf, 4 Mo) Proust et al_2010-BSGF (pdf, 6.4 Mo) Traini et al_2013-MarGeol (pdf, 3.5 Mo) Traini et al_2015-ECSS (pdf, 4.7 Mo) Après-midi: suite de la visite sur le cisaillement sud-armoricain à la Roche-Bernard sous la direction de Pierre Jégouzo (SGMB) Clichés: T. Aïfa

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Saint-Jean des Mauvrets (49) en 2016

Prochaine excursion : Saint-Jean-des-Mauvrets. Samedi 16 avril 2016 « du Massif armoricain au Bassin de Paris » sous la direction de Fabrice Redois (redois@univ-angers.fr), Maître de conférences à l’Université d’Angers (jpeg) Programme : Au niveau de Saint-Jean-des-Mauvrets et Saint-Saturnin-sur-Loire : passage des schistes du o3-4 avec filons de quartz, diaclases, etc. ; puis des niveaux supérieurs plus ou moins altérés recouverts ensuite par des sables et graviers à matrice ferrugineuse (galets anguleux puis arrondis) attribués au Cénomanien inf. puis les marnes à Huitres du Cénomanien sup. puis les sables post-Turonien à fossiles de spongiaires. Dans la cour de la mairie : possibilité de voir des grès ladères à figures sédimentaires et fossiles de végétaux. Bonus: l’aspect terroir viticole et en cas de beau temps un beau panorama sur la vallée de la Loire ; possibilité de voir un affleurement de falun.     Rendez-vous à 10h devant l’église de Saint-Jean-des-Mauvrets. N’oubliez pas votre pique-nique. Inscription obligatoire: merci de vous inscrire sur le doodle:  cf liste de diffusion (08.03.2016) PS: un rdv pour covoiturage possible a été fixé sur le campus de Beaulieu de l’université de Rennes 1 en face du Bat.15 (côté nord, entrée OSUR) samedi 16 à 7h20 pour arriver à 10h à Saint-Jean-des-Mauvrets (Place de l’église). Télécharger: plan du campus Beaulieu (Bat.15, Osur): pdf                   trajet (Rennes-Saint-Jean-des-Mauvrets): jpeg                   lieu du rendez-vous (Place de l’église, sur la D751): jpeg                   carte géol. : jpeg   pdf                   cartes : pdf (1.9 Mo)   Clichés: T. Aïfa & F. Redois

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Le Lac de Guerlédan avant sa remise en eau (22 & 56) en 2015

Prochaine excursion (cf mail aux adhérents): Le Lac de Guerlédan avant sa remise en eau. Samedi 12 septembre 2015 Rendez-vous donc à la base départementale de plein air au rond-point du Lac à Mûr-de-Bretagne, à 14 h pour une visite guidée sur 6 km dans la vallée retrouvée. Réservation obligatoire, merci de vous inscrire par retour sur le courriel: p-sgmb@univ-rennes1.fr ; le nombre de places est limité. PS: un rdv pour covoiturage possible a été fixé sur le campus de Beaulieu de l’université de Rennes 1 en face du Bat.15 (côté nord, entrée OSUR) samedi 12 à 8h20 pour arriver à 10h à Cléguérec (Place de la Mairie). En effet, une visite d’un site géologique au sud du lac qui commence à 10h, guidée par Pierre Jégouzo, a été proposée pour la matinée avant de casser la croûte. Télécharger: plan du campus Beaulieu (Bat.15, Osur): pdf                   trajet (Rennes-Cléguérec): jpeg                   lieu du rendez-vous (Rond-point du lac): jpeg Le matin à Cléguerec Regroupement à Cléguérec (Place de l’église) puis direction chapelle de la Madeleine où P. Jégouzo a fait un bref exposé de géologie régionale et locale. Nous avons ensuite pris le chemin de Croix du Breuil, en forêt de Quénécan le long duquel nous avons pu observer des grès « verts » sous-jacents aux grès armoricains, parfois sous forme de chaos. Ce beau grès fin a servi comme pierre de construction dans la région mais aussi comme menhir ou dolmen. On y observe ça et là des blocs de grès vert in situ sous forme de dalles, parfois déplacées et dont certaines montrent des traces de tailles anciennes. Ce grès, à fort pendage (~60°NW) par endroit, présente une schistosité S1 (conséquence de la déformation hercynienne), pratiquement sub-perpendiculaire à S0, localement bariolé par des veines de quartz. Notons que ce grès affleure le mieux au sommet du chemin, au voisinage de la Croix du Breuil. Retour à la chapelle de la Madeleine pour le pique-nique Guerlédan A l’entrée du rond point (base départementale de plein air de Guérlédan), pour accéder à la vallée retrouvée on passe par une plage de Kerihuel composée de sable fin et de limon, sur lesquels on peut observer en coupe des figures sédimentaires récentes (lamines entrecroisées). Le barrage qui a été vidé de son contenu pour travaux en mars 2015 et dont on voit de loin les traces de réfection, ne rentrera en service qu’en novembre 2015. La dernière vidange remonte à 1985! Les différentes fluctuations (~2 m) du niveau d’eau du barrage en service sont visibles (lignes claires et sombres) sur les grès armoricains. Après quelques explications données par notre guide Jean-Luc sur l’historique du barrage (cf wikipedia pour plus d’info), les géologues et ingénieurs qui y ont contribué, en particulier F. Kerforne, le fondateur de la SGMB, nous descendîmes la vallée pour ensuite remonter vers le bois de Caurel, où affleurent les schistes ardoisiers. La partie sud du lac est pratiquement composée de grès armoricains (Morbihan), alors que sa partie nord est formée de schistes (Côtes d’Armor). Le canal Nantes-Brest joue le rôle de limite des 2 départements. Il a été construit sur Le Blavet qui a permis l’incision d’une vallée en évolution dont on connait la forme géomorphologique actuelle, guidée en partie par une série de failles. Tout cela a été facilité par la présence des schistes plus faciles à éroder que les grès armoricains. Au voisinage du barrage, on peut noter l’existence d’une faille NNW (colmatée d’argiles) qui, d’après l’histoire de ce barrage, a plutôt retardé sa constuction et a rajouté un surcoût. L’assèchement du lac a donné lieu à des zones argileuses avec des fentes de dessication. On y observe un « cadavre » de lougoustier de St Gilles Croix de vie (Vendée) qui avait l’habitude d’emprunter jadis le canal pour ravitaillement en ardoises, issues des carrières de schiste « bleu » de Guérlédan. Ces ardoises sont parfois déformées et montrent des plis métriques. Les maisons construites en schiste, souvent sans toiture servant de coupe-vent, permettaient aux ouvriers et aux mousses (fonceurs ou fendeurs) de travailler la coupe des ardoises selon un certain art. Les galeries des carrières d’ardoises sont parfois profondes, pouvant atteindre plus de 20 m. A chaque arrêt, des explications sont données sur l’historique, en particulier des carrières creusées à la verticale pour extraire ce précieux matériau de contruction qu’est l’ardoise.  Au fil des arrêts, ici au voisinage de Kerouillé, et en file indienne nous pouvons observer les reliques de barques en « décomposition » … … ou des amarres « spéciales ». Le trou de galerie à la verticale (~20 m) révèle en bordure la qualité des ardoisières, on y observe parfois des fentes de tension remplies de quartz. Le niveau de battement des eaux du lac, permettant la régulation des crues et de la production électrique, sont également visibles sur les schistes. Les fentes de dessication sur une belle surface topographique variable, les galeries verticales, les maisons des éclusiers ainsi que le matériel de production électrique du début du siècle (combustible à bois fournissant de l’énergie électrique), à proximité de Trégnanton, se retrouveront à nouveau sous l’eau dès novembre 2015. Envasement avec un taux moyen de 2 mm/an (au voisinage de l’écluse de Trégnanton). Les saules poussent à une vitesse vertigineuse. Médaillon IGN donnant l’altitude absolue par rapport au niveau de la mer, avec à côté la signature de l’ouvrier qui a taillé le matériau. 2 signatures (o et ∞) de tailleurs de blocs, en bordure de l’écluse de Trégnanton. Le cours du Blavet et l’écluse de Belle Vue… … montrant un débit « normal » Les schistes redressés par la tectonique hercynienne montrent à la base des figures de sédimentation de type « flute cast », donnant ainsi un critère de polarité des couches mais aussi un critère de direction et sens de l’écoulement. Texte: Tahar Aïfa Clichés: Tahar Aïfa et Dominique & Maëlenn Guérin