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La Ferrière (61)

9 – Au pays des gueules rouges : Le Circuit du Fer de La Ferrière-aux-Etangs et Dompierre, Orne Télécharger le fichier texte (doc) Il y a quelques années, l’Association pour la valorisation du patrimoine minier (AVPM), récemment devenue l’Association le Savoir et le Fer, a bâti un circuit pour faire découvrir, quelque trente ans après la cessation de l’activité extractive, les vestiges industriels de l’exploitation ancienne et moderne du minerai de fer dans la région normande de la Ferrière-aux-Etangs au nord-est de Domfront (Orne).Les principaux sites visitables sont aujourd’hui équipés de panneaux d’information qui permettent de revivre l’histoire d’un passé qui n’est pas si lointain. Même s’ils sont tous directement accessibles en voiture, ces sites méritent une découverte à pied au long du parcours que nous vous proposons. D’une longueur d’environ 12 kilomètres (prévoir 4 à 5 heures de marche), il est légèrement différent du circuit balisé par l’association. Les minerais de fer normands Depuis l’époque gallo-romaine et jusqu’au 19ème siècle, l’extraction et la métallurgie du fer ont été, comme dans tout le Massif armoricain, actives en Normandie. La toponymie :  » fourneaux « ,  » forges « ,  » ferrières « ,  » minières  » est là pour nous rappeler la présence de petites forges animées par la force hydraulique des nombreuses rivières qui parcourent le pays. Au milieu du 19ème siècle les forges artisanales disparaissent peu à peu pour faire place au début du 20ème siècle à des centres industriels qui sont une douzaine à l’aube de la première guerre mondiale.Ceux-ci disparaissent à leur tour à partir des années 1960, la dernière mine, celle de Soumont dans le Calvados, ayant cessé son activité en 1989. Le minerai de fer, d’origine sédimentaire, se dispose en couches de quelques mètres de puissance localisées dans les schistes de l’Ordovicien moyen. Comme l’ensemble des terrains paléozoïques armoricains il est plissé et se rencontre dans les principaux synclinaux paléozoïques du sud de Caen (Fig.1).Seul le gisement de Diélette, dans le nord-cotentin, fait exception; le minerai y est d’âge dévonien. Fig.1: Carte paléogéographique du Cotentin à l’Ordovicien avec emplacement des principales mines de fer (Le Gall, 2003) L’origine du fer ordovicien se trouve dans l’intense altération des terres émergées à cette époque suivie de leur lessivage et du transport du fer jusqu’à la mer. Sa formation en milieu marin est attestée par les fossiles (trilobites notamment) qui ont été trouvés dans les schistes qui l’encaissent. Le minerai se présente sous forme d’oolites, corpuscules arrondis millimétriques, constitués d’enveloppes riches en minéraux ferrifères qui enrobent un noyau de quartz. Parmi ces minéraux figurent l’hématite, la chlorite et la sidérite. Selon la nature des minéraux ferrifères, deux types de minerais sont identifiables : le minerai chlorito-carbonaté de teinte sombre, gris-verdâtre et le minerai hématitique  » oxydé  » à la teinte rouge caractéristique. En bordure sud du continent, dans une zone peu profonde soumise à l’agitation de l’eau, s’est déposé le minerai hématitique.Plus au large, les zones protégées et calmes favorisaient la formation des oolites d’argiles ferrifères à l’origine du minerai sombre chlorito-carbonaté.Enfin, encore plus au large, en milieu profond, faiblement alimenté par les minéraux ferrifères, se déposaient des grès ferrugineux ou des schistes noirs. Les deux variétés du minerai de fer La géologie du site de La Ferrière-aux-Etangs Fig.2: Carte géologique de la région de la Ferrière-aux-Etangs, Orne Le circuit s’inscrit sur deux grands ensembles structuraux aisément identifiables (Fig.2) : l’ensemble le plus ancien appartient au Protérozoïque supérieur de Normandie (Briovérien) dont l’histoire est à relier à celle de la chaîne cadomienne. Il est constitué de sédiments silto-gréseux recoupés par des plutons granodioritiques qui appartiennent au batholite mancellien.L’ensemble le plus récent correspond au synclinal paléozoïque de la Ferrière-aux-Etangs dont l’histoire est à relier à celle de la chaîne hercynienne. Orienté Nord-Ouest-Sud-Est, seul son flanc sud a été conservé, son flanc nord ayant disparu au long d’une faille qui le met en contact avec la granodiorite briovérienne de La Ferté-Macé.Il est constitué de terrains qui plongent faiblement au nord-est d’environ 30°.Le premier terme sédimentaire correspond à la Formation du Grès armoricain (Ordovicien inférieur) qui repose directement en discordance, soit sur les sédiments briovériens soit sur les granites mancelliens. En raison de sa résistance à l’érosion, elle forme une crête topographique facilement identifiable dans le paysage, au Mont Brûlé notamment.Au-dessus, vient la Formation des schistes du Pissot (Ordovicien inférieur à moyen), formée d’argilites et de siltites noires micacées souvent fossilifères qui admettent des passées gréseuses et quelques niveaux conglomératiques à leur base.C’est dans cette formation que se rencontrent trois couches de minerais de fer dont seule la couche basale, puissante de 2 à 5 mètres, a été exploitée.Au dessus, la sédimentation paléozoïque se poursuit jusqu’au Silurien par des alternances de grès et de schistes. Descriptif du circuit avec les principaux arrêts (Fig.3) Fig.3: Le circuit pédestre et les arrêts Le départ du circuit se trouve au Parc des Minières dans la Forêt communale de la Ferrière-aux-Etangs. Pour l’atteindre, il faut, depuis l’étang du bourg de la Ferrière-aux-Etangs prendre au pied du Mont-Brûlé une petite route en direction de Bagnoles-de-l’Orme et du Bois des Minières qui, après quelques kilomètres, domine le paysage et offre sur la droite une belle vue sur des vestiges industriels.Stationner au niveau du panneau du Bois des Minières. Arrêt 1 – Le Bois des Minières – L’exploitation ancienne du minerai (La Ferrière-aux-Etangs)   C’est en utilisant les traces encore visibles d’anciennes minières que la Société Denain-Anzin entreprit les premières recherches à la demande de Léopold Pralon, délégué général du Conseil d’administration de cette société. L’attention de ce dernier sur ces minières avait été attirée par le député de la région. Le minerai de fer affleure en effet sur 4km depuis le bourg de la Ferrière-aux-Etangs jusqu’à la Fieffe et a sans doute été exploité très précocement, à l’époque celtique, à ciel ouvert. Attesté depuis 1353, l’extraction alimentait des forges grossières, situées sur l’étang de la Ferrière-aux-Etangs, appelé d’ailleurs  » Etang des Forges « , puis le minerai ravitailla les grosses forges de Varenne (commune de Champsecret) jusqu’à leur fermeture en

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Mellé (35)

6- Au pays du granite : Le Circuit pierres et nature de Mellé (Ille-et-Vilaine) Télécharger le fichier texte (doc) A quelques kilomètres à l’ouest de Louvigné-du-Désert, dans le nord de l’Ille-et-Vilaine, la commune de Mellé possède un patrimoine naturel et architectural lié à la présence d’un sous-sol granitique et un patrimoine industriel lié à une activité d’extraction aujourd’hui en déclin.Du point de vue géologique, ce granite omniprésent appartient au massif de Fougères-Louvigné-du-Désert, l’un des nombreux massifs granodioritiques que l’on recense entre Bretagne et Normandie, mis en place dans la chaîne cadomienne il y a 540 à 520 millions d’années. Pour valoriser ce patrimoine et le faire agréablement connaître et découvrir dans le cadre de son développement économique et touristique, la commune a conçu et aménagé un itinéraire de balade pédestre à travers champs. Dans un paysage bocager, au modelé caractéristique des domaines granitiques dans lequel les collines boisées (les tertres) aux pentes herbues souvent peuplées de blocs rocheux alternent avec des zones plus basses largement cultivées, le circuit intitulé « circuit pierres et nature », long d’environ 11 kilomètres, aisément accessible, propose une interprétation pédagogique du patrimoine bâti et du paysage. Une signalétique thématique sous la forme de panneaux verticaux mariant bois, verre et granite retrace les caractéristiques de chaque étape en abordant des thèmes aussi variés que le paysage transformé, les haies, les arbres, les bassins versants, les carrières, le granite…Un fléchage adapté guide le promeneur tout au long du chemin. Bref descriptif géologique du circuit Le circuit part de l’église de Mellé, descend par la route de Louvigné puis s’en va à l’est par le lotissement Beau-Séjour vers le Teilleul. Dès la sortie du bourg le granite apparaît à la surface des prairies sous la forme de rochers plus ou moins arrondis, polis par le temps.Au Teilleul une petite vallée fait apparaître de grosses boules oblongues presque totalement déchaussées. Un peu plus loin sur la droite, un chemin empierré (panneau « sentier pédestre ») mène à une des carrières de la Beurrière qui a accueilli à l’été 2001 un symposium de sculpture sur granites dont il reste quelques témoins sous la forme de compositions en granite gris, en granite rose…. Le granite y affleure sur un ancien front de taille. Le circuit remonte au dessus de la carrière ennoyée, atteint un surplomb aménagé en belvédère qui permet l’observation de l’exploitation fermée depuis 1993. Poursuivant, il rencontre une zone arénisée puis offre à nouveau des vues sur un des fronts de taille qui a servi de « terrain de jeux » à l’un des artistes. Le circuit quitte bientôt la zone d’extraction pour longer des prés en direction de la Croix-Rouault. Des boules de granite sont visibles dans un petit bosquet de châtaigniers puis dans une prairie qui borde un petit bois avant d’atteindre la route de Louvigné.Le circuit part à droite puis à gauche vers les bâtiments rénovés du hameau de La Hérissais (gîtes, bureaux) qu’il atteint après 400 mètres et va jusqu’au Ruisseau du Boulay.Au pied des peupliers il longe le filet d’eau, franchit la route du Boulay jusqu’à un petit étang aménagé. Des rochers font le gros dos dans l’eau, d’autres agrémentent le petit bois au dessus d’un abri judicieusement présent pour permettre de sortir le déjeuner du sac Au sortir du bois, le circuit part à gauche pour rejoindre la route de Louvigné.Au carrefour, la granodiorite, altérée, affleure et permet quelques observations. Le chemin monte ensuite vers les beaux bâtiments du manoir de la Haute-Vairie, les contourne par le nord pour descendre vers la Vairie Alors qu’une autre vue sur le manoir s’offre sur la gauche, un panneau signale, face au promeneur, au pied et dans la colline boisée l’existence passée de la plus grande exploitation de granite de la commune (la carrière de la Vairie) dont les infrastructures (bâtiments, ateliers,…) sont encore en place. En bas de pente, juste avant les maisons, le chemin s’engage à droite en sous-bois et monte vers un superbe chaos de granite où une boule plurimétrique joue les équilibristes sur un socle découpé en blocs volumineux par des diaclases verticales et obliques.Cet affleurement permet de comprendre comment se sont formés les nombreux blocs plus ou moins arrondis qui parsèment la campagne ainsi que les boules complètement dégagées, localement accumulées en chaos sur les flancs et au fond des petites vallées. Le parcours attaque la butte par un escalier pour rejoindre le Haut-du-Rocher où une « utilisation guerrière » du granite pourra surprendre le promeneur. Il continue ensuite vers la Croix-Larcher où, là encore, a roche a été extraite, pour s’orienter à l’ouest vers La Martais. Avant la route qui mène à la carrière du Gendril, un panneau explique les relations entre le végétal et le minéral ou comment « l’union entre granite et arbre » contribue à façonner les paysages de la commune. La suite du parcours par La Martais, le Moulin de Mellé, Ville-Neuve et le retour vers Mellé, moins riche en éléments géologiques, est plus tournée vers l’architecture et l’histoire. La visite du bourg de Mellé en fin de circuit est de ce point de vue instructive; les constructions les plus représentatives sont signalées et leur histoire présentée sur des plaques largement renseignées. Le granite est bien sûr présent dans les bâtiments les plus anciens mais aussi dans le mobilier urbain très récent. Au pied de l’église, la Maison pierres et nature accueille le promeneur, proposant le dépliant du circuit, des offres d’animation, des renseignements divers sur la commune. Texte et clichés: J. Plaine (Juillet 2003) Documents utiles Carte géologique de la France à 1/50 000ème, feuille Saint-Hilaire-du-Harcouët n° 247, BRGM éditeur. Jérôme Cucarull 2001 – Le granit en Ille-et-Vilaine, une économie, des hommes, un patrimoine. 86p.

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La Pagerie (79)

3- Un exemple de valorisation d’un patrimoine bâti et géologique : Le Sentier de découverte du granite de La Pagerie (Deux-Sèvres) Dans le sud-est du Massif armoricain, au cœur de la Gâtine poitevine, entre Parthenay et Saint-Maixent-l’Ecole, un sentier de découverte baptisé « Histoires de granite » se révèle un exemple réussi de valorisation du patrimoine en faisant le lien entre la roche et ses utilisations dans l’architecture vernaculaire locale. Créé à l’initiative de la Communauté de Communes du Pays Ménigoutais, il est tracé dans le village de La Pagerie établi en bordure de la Vonne, sur les communes de Vasles et de Coutières. Long d’environ 3 kilomètres, balisé de huit petites tables de lecture sur bornes en granite, il commence par la zone d’affleurement du granite de Parthenay dont les boules volumineuses sont visibles près de la rivière puis atteint l’ancienne zone d’extraction en carrière avant d’entrer dans les rues du village où l’habitat traditionnel et le petit patrimoine (lavoir, four à pain, puits…) montrent tout le parti que les bâtisseurs ont su tirer de la ressource locale. La découverte de ce sentier peut être utilement complétée par la visite, à quelques kilomètres au sud-est, à Ménigoute, du site de l’Etang de Bois-Pouvreau, autour duquel le granite est partout affleurant (Lien Web). Clichés J. Plaine, le 1er Juillet 2000 Pratique:Au sud de Parthenay, le village de La Pagerie se situe sur la D 21 entre Vausseroux et Ménigoute. Feuille IGN au 1/25 000ème: 1627 Est Vasles

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Lormandière (35)

1- Les sites industriels ont aussi un passé… géologique : Le sentier de découverte du site de Lormandière à Chartres-de-Bretagne, Ille-et-Vilaine Télécharger le fichier texte (doc) A 10 km au sud de Rennes, la richesse de la ville de Chartres-de-Bretagne est aujourd’hui en grande partie due à l’implantation sur son territoire, à la Janais, de l’usine Citroën.Cette activité industrielle actuelle ne doit pas faire oublier un passé industriel tout autre qui se lit encore dans plusieurs sites dont celui de Lormandière à l’ouest de la commune, en limite de la commune de Bruz. Le sous-sol de Chartres-de-Bretagne recèle une « mine d’or » pour la Bretagne, à savoir des roches calcaires déposées durant l’ère tertiaire, à l’Oligocène et au Miocène, dans ce qu’il est convenu d’appeler le « bassin tertiaire de Rennes ». L’existence de ces roches, connue depuis longtemps, puisque de nombreuses exploitations artisanales anciennes ont été attestées, a justifié, dans le courant du XIXème siècle autour des années 1830-1850, l’édification de batteries de fours lorsque les besoins en chaux pour l’agriculture se sont fait sentir.Ce sont les Vieux-Fours aujourd’hui presque totalement disparus, les Grands-Fours très largement éventrés et les Fours de Lormandière, par contre, en très bon état de conservation.Les grands sites d’extraction furent les carrières des Grands-Fours et de Lormandière. Dans le cadre de sa politique de sauvegarde et de mise en valeur d’espaces naturels dans le département, le Conseil général d’Ille-et-Vilaine a fait l’acquisition des deux sites (1988-1990) principalement dans le but de protéger les nombreuses plantes (orchidées notamment) qui y ont été recensées sur les pelouses et prairies calcicoles. Il y a quelques années, sur le site de Lormandière a été aménagé un sentier pédagogique de découverte, long d’environ 2,5 km, destiné à faire connaître les diverses composantes du milieu naturel, la géologie du site, son histoire industrielle. Il s’agit là d’une heureuse initiative, même si les bâtiments désaffectés ne sont malheureusement pas encore inclus dans ce circuit, leur aménagement muséographique étant cependant à l’étude. Au point de départ du sentier, sur une aire gravillonnée, et en guise d’introduction, 3 grands pupitres ont un rapport direct avec la particularité géologique du lieu. Ils présentent la paléogéographie du monde de l’ère secondaire à l’actuel, la paléogéographie du Massif armoricain et des reconstitutions d’environnements au cours du Tertiaire et du Quaternaire et une coupe synthétique d’un front de taille avec la succession des différentes formations carbonatées. Le sentier longe ensuite des zones de culture et descend vers l’ancienne carrière aujourd’hui ennoyée puis pénètre sur la zone industrielle, où des panneaux expliquent l’histoire du site et l’activité chaufournière, avant de remonter vers des prairies calcicoles et de surplomber la carrière. La carrière au début du 20ème siècle La carrière en 1920 Le site industriel au début du 20ème siècle Les fours à chaux de Lormandière ne sont pas accessibles mais, chaque année, à l’occasion des Journées du Patrimoine, ils sont proposés à la visite. Pratique Pour accéder au parking du site de Lormandière prendre, depuis le rond-point de la Croix-aux-Potiers, au nord de Chartres-de-Bretagne, la direction de Bruz (D 44). Après quelques centaines de mètres, prendre la première route à droite. Cette petite route fléchée « Les Fours à Chaux » et Lormandière vous conduit, après environ 1km, jusqu’au parking qui se trouve sur la gauche. Complément à la visite Il est possible de voir les fours de l’extérieur en reprenant le véhicule, en prenant à gauche à la sortie du parking, puis à la Haye des Perrières la première route à gauche qui mène vers Lormandière dont on voit la haute cheminée en briques. En poursuivant cette petite route on rejoint la route Chartres-Bruz (D 44) qu’il suffit de traverser pour rejoindre la zone industrielle de la Croix-aux-Potiers et le site des Grands-Fours dont le seul intérêt actuel est de permettre d’appréhender l’organisation et l’architecture interne de fours à chaux. Texte et clichés, Jean Plaine

Excursions

Moyenne Vilaine (35) en 2013

La sortie du 28 septembre 2013 en Moyenne Vilaine Voyage en Moyenne Vilaine Sortie animée par Jean Plaine, Université de Rennes 1  Cette sortie s’inscrit dans la foulée de la parution de « Géotourisme en Ille-et-Vilaine ». Elle vise à faire découvrir certains des sites qui sont présentés dans cet ouvrage, plus particulièrement ceux qui sont proposés dans les synclinaux paléozoïques du sud de Rennes, entre Semnon et Vilaine. Le parcours et les arrêts (fig.1) Fig.1 – Le parcours avec situation des arrêts Arrêt n°1 – Le Tertre Gris (Poligné-Pancé)     La route qui relie Poligné à Pancé (D 47) est tracée au sommet d’une butte topographique au pied sud de laquelle coule le Semnon, affluent de la Vilaine, qui y dessine une large boucle dans des terrains plus tendres. C’est le Tertre Gris qui doit vraisemblablement son nom à une transformation de « Tertre Christ », même si une des variétés de roches qui le constitue est effectivement de couleur grise. Un peu avant Pancé, une éclaircie dans la forêt signale la présence d’un large belvédère. Dans le cadre de l’aménagement d’un sentier d’interprétation dans le Tertre, un pupitre (fig.2) y a été mis en place donnant une description globale du paysage vers le sud et proposant sous forme de trappes à ouvrir, différentes lectures de ce paysage à la lumière de différentes branches d’activité (agriculteur, géographe, géologue….). Ce site et le sentier de découvertes ont été inaugurés le 16 septembre 2006. Fig.2 – Le pupitre d’interprétation au Belvédère A pied, aller vers Poligné et après une centaine de mètres prendre le sentier qui descend à gauche (balisage) (fig.3). Fig.3 – Direction le « volcan » Aussitôt on rencontre la roche qui constitue l’ossature du Tertre Gris, à savoir un grès blanchâtre parcouru de nombreuses veines de quartz blanc. Il s’agit du sédiment le plus récent de la région, daté du Silurien, et qui se range dans la Formation de Poligné présente au cœur d’une petite unité synclinale. Un peu plus loin, on trouve une petite zone d’extraction dans laquelle les couches pluridécimétriques de grès sont subverticales. Après plusieurs centaines de mètres de parcours au long duquel le grès est toujours présent, le sentier rejoint l’Allée du Volcan que l’on prend à gauche pour rejoindre une plateforme puis un escalier qui descend vers le « Volcan ». Le pseudo-volcan On découvre alors, sur la gauche, des affleurements de mauvaise qualité d’une roche sédimentaire noire qui constitue la seconde variété de roches observables dans le Tertre (fig.4 & 5). Fig.4 – Les ampélites au-dessus du « volcan ». Fig.5 – Les ampélites à proximité du « volcan ». A la fin du 18ème siècle, un docte personnage, le professeur Danthon, crut lire dans ces couches de roches noires qui affleurent assez largement sur le Tertre Gris les manifestations d’un volcanisme. La légende était née, confortée plus tard par les fumerolles qui de temps à autre s’échappaient du sol (fig.12) et qui évoquaient, avec beaucoup d’imagination (« géopoésie »), un volcan italien ! En réalité ces roches sont des ampélites (du grec ampelos, vigne), sédiments argileux et siliceux, riches en matière carbonée et en sulfures, tachant les doigts, qui ont été un temps exploités comme abrasif sous le nom de tripoli et comme colorant pour griser les phosphates blancs du Maroc. Elles étaient également susceptibles d’entrer spontanément en combustion au contact de l’air en dégageant une chaleur intense. La roche se colore alors en rouge comme on peut aujourd’hui le voir à proximité de l’ancienne zone d’extraction qui fait office de « cratère » (fig.6). Fig.6 – Le « volcan »: ampélites et grès de Poligné Fig.7 – Discussion devant le « volcan » Alors que les grès ne le sont pas, les ampélites sont fossilifères, renfermant de nombreuses espèces de graptolites (du grec graphein, écrire), plancton marin organisé en colonies, dont on repère l’empreinte blanche sur les plaquettes de roche noire. Ces organismes permettent de placer les sédiments du Tertre Gris dans le Silurien, autour de 435 millions d’années. Le milieu de dépôt de ces roches est particulier dans l’histoire sédimentaire paléozoïque puisqu’il correspond à un milieu marin éloigné des influences océaniques dans lequel l’absence de circulation verticale empêchait l’oxygénation de l’eau et facilitait la conservation de la matière organique accumulée sur le fond.   Photo prise au moment de la combustion spontanée des ampélites vers 1920. Descendre jusqu’au Semnon. Prendre le chemin sur la gauche, passer devant « le souterrain », trou de recherche pour l’ampélite, d’anciennes carrières puis remonter vers Pancé. Le pierrier Un peu plus loin apparaît sur la gauche un puissant éboulis de blocs de grès de la Formation de Poligné qui forme une tache claire dans le paysage car la végétation a du mal à s’installer sur ces éléments instables (fig.8 & 9). Cet ensemble de blocs a longtemps été compris comme les rebuts d’une zone d’exploitation située en amont mais il semble qu’il s’agisse plutôt d’un pierrier ou éboulis de pente appartenant aux formations périglaciaires. Résultant de l’éclatement de la roche sous l’action répétée du gel et du dégel il s’est formé durant les épisodes froids du quaternaire qui se sont succédés depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Fig.8 – Le pierrier Fig.9 – Exploration au pied du pierrier Ce type de pierrier, appelé pierrier de plaine, qui existe ça et là sur les derniers reliefs de la chaîne varisque, est assez commun en Basse Normandie [ex : la Vallée de Misère dans les Alpes mancelles], mais par contre semble peu répandu, ou du moins méconnu, en Bretagne. Signalons cependant ceux de la Butte de Malvran en Saint-Aignan (56) et de Lan Vojo en Saint-Gelven (22). Les blocs anguleux de grès de Poligné apparaissent granoclassés, les plus volumineux se trouvant à la partie inférieure du pierrier, la taille décroissant plus on monte sur la pente. Comme partout, ils montrent de nombreuses veines de quartz (fig.10&11), parfois rectilignes, parfois moins organisées ainsi que de nombreuses fentes, parfois en échelon, toujours remplies de quartz blanc laiteux. Fig.10 – Bloc de grès de Poligné veiné de quartz. Fig.11 – Bloc de grès de Poligné avec

Rapports d'activité

Rapport d’activités 2011

                                                RAPPORT D’ACTIVITE 2011   Le fonctionnement administratif de l’association. L’assemblée générale statutaire s’est tenue le 21 mai à Locarn (Côtes-d’Armor). Rapport moral et d’activité pour l’année 2010 a été adopté par l’ AG à l’unanimité des présents et quitus a été donné au trésorier pour le bilan financier.   En 2011, la SGMB a enregistré 105 adhésions, dont 4 structures morales. Le conseil d’administration s’est réuni 3 fois en 2011 : 8 janvier, 19 mars et 16 septembre.   Pour l’année 2011, le bureau est composé de : Président Max JONIN Vice-Président Pierre JEGOUZO Secrétaire Pierre LE FEUVRE Secrétaire-adjoint Jean PLAINE Trésorier Tahar AIFA Trésorier-adj. Jean-Luc LE STANGUENNEC Autres membres du CA : P. Graviou, D. Guérin, M. Guillaume, Jean-Pierre Lefort, M-J. Le Garrec, C. Le Quellec, S. Régnault, Jean-Michel Schroetter.   Participations La SGMB est membre du RIEB (réseau d’information sur l’environnement en Bretagne). Voir le site « Bretagne environnement » qui affiche des informations sur le patrimoine géologique. Deux membres de la SGMB siègent (à titre personnel) au CSRPN [Conseil scientifique régional du patrimoine naturel] de Bretagne: Pierre Jégouzo et Max Jonin. Ils font partie également de la CRPG (commission régionale du patrimoine géologique). Contribution à la Stratégie de Création d’Aires Protégées (SCAP) (Dreal) La SGMB est membre de la Fédération Française des Géolosciences (FFG) Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d’Emeraude : la SGMB a été sollicitée pour intégrer le conseil scientifique (Pierre Jégouzo), mais le projet reste « en panne » sans être abandonné. L’Institut régional du patrimoine de Bretagne (IRPa) prend un nouveau départ. Pierre Jégouzo y représente la SGMB Max Jonin suit les travaux de la commission « patrimoine géologique » de RNF, est membre nommé de la Conférence Permanente du Patrimoine Géologique et du groupe d’experts du MNHN pour l’Inventaire National du Patrimoine Géologique. Participation au forum GéoRég de la FFG à Villeneuve-d’Ascq (23-27 octobre) avec une présentation « La Bretagne et son patrimoine géologique : intuition, opportunités, pragmatisme. Un siècle déjà l» (Max Jonin).   Les excursions géologiques En 2010, les excursions organisées par l’association: à l’occasion des JRPG : Rennes, promenade géologique dans la ville (35) — Jean Plaine / Guichen, la carrière des Landes (35) — Marie-Jo La Garrec / Fort Bloqué (56) —Pierre Jégouzo / autour de la kersantite à L’Hôpital-Camfrout (29) — Jean-René Darboux / RNR du sillon de Talbert (22) — Julien Houron le 25 juin, « entre Mayenne et Erve, voyage dans le Carbonifère du bassin de Laval » sous la direction de Jean Plaine et spéléologie à Saulges avec Dominique Guérin. les 2-3 juillet en Charente, « De l’ambre aux rudistes, le Crétacé moyen des Charentes » sous la direction de Didie-r Néraudeau A l’AG de Locarn, balade guidée par Pierre Jégouzo dans les gorges du Korong et les ardoisières da Maël-Carhaix.   Excursions demandées par des structures diverses : 1 . Géologie léonarde de Brest à Ploumoguer pour l’UTL de Paimpol le 18 juin / Max Jonin Géologie à Plouescat pour la bibliothèque de la commune le 10 septembre / Max Jonin   Les actions de formation, interventions et conférences La SGMB n’a pas participé en 2011 au Géofestival d’Erquy-Fréhel, dans la mesure où l’organisation ne faisait aucune place au partenariat. Mais, réalisation d’une exposition photographique «Au grès des falaises d’Erquy-Fréhel » avec le photographe René-Pierre Bolan. Présentation du 16 juin au 17 juillet à la mairie de Plévenon (Côtes-d’Armor), puis en novembre à « L’autre rive » à Berrien Un panneau pédagogique sur le site de Port-Béni a été installé par la commune à partir d’une maquette réalisée par la SGMB.. Projet « Encyclopédie Bretagne » : la SGMB participe à l’élaboration du chapitre « géologie » du volume « Environnement » (Pierre Jégouzo, coordination). Patrimoine géologique sur la commune de Plouha (étudiants de Géoarchitecture) le 23 février Interventions publiques autour de « Géotourisme en Finistère » : Plabennec les 9 janvier et 25 février ; Océanopolis le 16 avril ; centre Leclerc de Gouesnou le 20 avril. Réédition par Biotope de « Géotourisme en Finistère » Conférence à Douarnenez (29 avril), à Blois (11 octobre), à Berrien (12 novembre)   La protection du patrimoine géologique Dossiers suivis : carrière de la Marette (Saint-Malon-sur-Mel / Ille-et-Vilaine) /conservatrice Marie-Josée Le Garrec : le dossier est repris par le CG 35 carrière des Landes (Guichen) : rencontre avec le Maire (21 octobre) à l’occasion de la vente de la propriété de l’ACV. Convention renouvelée ; projet d’article dans le bulletin municipal. carrière de Saint-Sulpice des Landes [La Galivelais] (Ille-et-Vilaine) / conservateur Pierre Le Feuvre : rien de nouveau, contact maintenu. la carrière des Rochelles en Monterfil (Ille-et-Vilaine), la Sté Pigeon propriétaire du site est favorable à notre intervention sur le site ; contacts en cours. projet de réserve naturelle régionale d’intérêt géologique en Presqu’île de Crozon (Finistère) : maîtrise d’ouvrage Région, maîtrise d’ceuvre PNRA avec assistance SGMB et Maison des minéraux de Crozon. Le dossier « chemine » mais en envisageant seulement une intervention hors DPM sur le parc naturel marin, ce qui n’est pas satisfaisant. Action en cours. Projet de « Maison des faluns » porté par la communauté de communes du Pays d’Evran (Côtes-d’Armor). La SGMB est maître d’oeuvre du projet, ainsi que de l’aménagement pédagogique de la carrière de La Perchais. L ‘accès libre au géosite de La Perchais décidé par les élus crée un problème imprévu et une tension dans nos rapports. Le « groupe faluns » a fonctionné (17 janvier) pour finaliser la muséographie en collaboration avec le scénariste. Un groupe de travail sur la protection-valorisation de la kersantite a été mis en place en mairie de L’Hôpital-Camfrout (Finistère) à l’initiative de la SGMB. Réalisation et édition d’un dépliant d’information et de deux panneaux pédagogiques sur le terrain. intervention de Anne Guyomard (projet Géoparc du Chablais) au Pays de Trégor-Goélo (11 mars), à l’invitation de

Fig.14 st roch
Excursions

Laval (53) en 2011

Compte-rendu de la sortie du 25 juin 2011 dans le bassin de Laval Voyage en Mayenne, dans le Carbonifère du bassin de Laval Sortie animée par Jean Plaine, Université de Rennes 1 et Dominique Guérin, Groupe spéléologique de Rennes Cette sortie, pour laquelle étaient présentes une vingtaine de personnes, se voulait un peu en dehors des pratiques habituelles de la Sgmb puisqu’elle était aussi destinée à nos amis spéléologues de la Mayenne, combinant ainsi la découverte du monde de la surface avec celle du monde souterrain. Présentation Le Synclinorium de Laval correspond à la partie orientale élargie d’une vaste unité sédimentaire paléozoïque qui parcourt le centre-nord du Massif armoricain, le Synclinorium médian armoricain (fig.1). Fig.1 – Situation du Synclinorium de Laval dans le Massif armoricain. Même si la sédimentation s’y étale du Cambrien au Carbonifère supérieur, cette unité est surtout remarquable par le développement des formations carbonifères qui y occupent une vaste surface et qui constituent plus précisément le Bassin de Laval. Son architecture actuelle est issue de l’orogenèse varisque, il y a environ 305 millions d’années. Les formations carbonifères y offrent une lithologie variée dans laquelle le fond sédimentaire détritique (conglomérats, grès, siltites) laisse localement place à de puissantes formations volcaniques, à d’importantes formations carbonatées ou encore à des passées charbonneuses (fig.2). Fig.2 – Extension des formations carbonifères dans le bassin de Laval. Ce bassin appartient à la famille des grands bassins mississipiens d’Europe occidentale. Installé à la limite entre deux blocs rigides, au Nord le « bloc mancellien » structuré au cadomien et au Sud le « bloc de Rennes » influencé par la tectonique varisque, son remplissage est initié en régime distensif dès le Dévonien supérieur et sera constamment contrôlé au cours du Carbonifère par le fonctionnement du Cisaillement Nord-Armoricain. La série sédimentaire carbonifère, dont la séquence de dépôt s’étage du Tournaisien basal au Serpukhovien (Namurien), donc de 360 à 320 Ma environ, comprend 4 formations principales qui sont, de la base au sommet (fig.3) : Fig.3 – Colonnes lithostratigraphiques des formations carbonifères du bassin de Laval. – la Formation de l’Huisserie, détritique terrigène, avec passées de houille et corps volcaniques fréquents; – la Formation de Changé, détritique, localisée dans la partie sud du bassin; – la Formation des Calcaires de Laval et de Sablé. Les calcaires de Laval surmontent la Formation de Changé et sont donc localisés au sud, alors que les calcaires de Sablé surmontent directement la Formation de l’Huisserie. – la Formation des Schistes de Laval qui marque le retour à une sédimentation détritique terrigène. Cette succession admet de fréquentes variations latérales de faciès avec, notamment, une opposition, aujourd’hui remise en cause, entre 2 domaines disposés de part et d’autre d’une « ligne » qui passe par le Nord de Forcé, La Cropte, le Sud de Saint-Loup-du-Dorat et qui se déduit de la répartition des calcaires de Sablé et de Laval. En fait, l’histoire de ce bassin est polyphasée, comportant 3 séquences qui sont: – une séquence basale terrigène qui correspond au stade d’initiation et d’ouverture du bassin ; – une séquence intermédiaire carbonatée qui correspond à l’installation d’une plate-forme carbonatée ; – une séquence sommitale détritique qui correspond à un fonctionnement en cisaillement entre les diverses branches du Cisaillement Nord-Armoricain (bassin en « pull-apart« ). Les carbonates (fig.4)      Les différents faciès du Calcaire de Laval correspondent à l’installation, au développement et à l’extinction de constructions récifales (biohermes) qualifiées de récifs waulsortiens (de Waulsort, ville de Belgique, dans la province de Namur). On peut considérer que les calcaires de Laval sont des mud-mounds (« montagnes de boue ») de type waulsortien avec faciès latéraux stratifiés associés (biomicrites crinoïdiques). Ils constituent en fait des lentilles récifales environnées de faciès périrécifaux isolées au sein de sédiments terrigènes. Le Calcaire de Sablé, surtout constitué de faciès bioclastiques, montre fréquemment des parties oolithiques qui sont courantes sur les plates-formes carbonatées des Bahamas actuelles. Dans l’ensemble, les associations coralliennes sont caractéristiques de milieux de plate-forme interne peu profonde. Le parcours et les sites (fig.5) Fig.5 – Tracé du parcours de Changé à Saulges avec position des différents arrêts. L’aventure débute à Changé sur le parking à proximité de l’église. À pied, partir à l’ouest en direction de Saint-Berthevin (D 561) pour, après une centaine de mètres et juste avant un garage automobile, s’engager sur la gauche dans un chemin balisé. 1- Chemin de la Châtaigneraie (Changé) Ce chemin est encaissé dans les grès calcareux et siltites ocres, fossilifères, à pendage sud, antérieurement connus sous le nom de « Grauwackes à Paléchinides », aujourd’hui rangés dans la Formation de Changé dont ils sont la localité-type (fig.6&7). Sur cet affleurement, les niveaux fossilifères (niveaux d’accumulation) sont riches en moules internes et externes de brachiopodes, tétracoralliaires, paléchininides, trilobites. Sur une épaisseur de près de 6 mètres existent des nodules de sidérite (carbonate de fer) dont les plus volumineux dépassent 30 centimètres. Fig.6 – Chemin de la Châtaigneraie, la « grauwacke » Fig.7 – Chemin de la Châtaigneraie, schistosité dans la « grauwacke » Revenir sur la route, reprendre la direction de Changé et au niveau du calvaire aller à droite sur la route (dangereuse !) qui mène à Laval. Poursuivre sur plusieurs centaines de mètres avant de rejoindre une petite zone de stationnement. Là, monter sur la droite par une petit sentier qui permet de rejoindre la carrière depuis plusieurs années laissée à l‘abandon. 2- Carrière de la Coudre (Changé) Aménagée en paroi d’escalade, cette ancienne carrière expose les Calcaires de Laval. On y voit des bancs peu épais de calcaire bleu-noir massif à crinoïdes et bryozoaires séparés par des interbancs silteux. L’ensemble, fortement redressé (belle surface structurale) (fig.8 à 10), est intensément schistosé (fig.11). Des filons de calcite sont reconnaissables sur le front de taille perpendiculaire aux bancs (fig.12). Fig.8 – Carrière de la Coudre, front de taille Fig.9 – Carrière de la Coudre, surface de banc (vue rapprochée) Fig.10 – Carrière de la Coudre, surface de banc. Fig.11 – Carrière de la Coudre, relation schistosité/stratification. Fig.12 – Carrière de la Coudre, calcite  Revenir à Changé par le parc qui borde la Mayenne, prendre le véhicule pour, au

Rapports d'activité

Rapport d’activités 2010

                                                            RAPPORT D’ACTIVITE 2010   Le fonctionnement administratif de l’association L’assemblée générale statutaire s’est tenue le 29 mai à Clohars-Carnoët (Finistère). Rapport moral et d’activité pour les années 2008 et 2009 ont été adoptés par les AG à l’unanimité des présents et quitus a été donné au trésorier pour le bilan financier. En 2010, la SGMB a enregistré 91 adhésions, dont 4 structures morales. Le conseil d’administration s’est réuni 3 fois en 2010 : 9 janvier, 27 mars et 2 octobre.       Pour l’année 2010, le bureau est composé de : Président                 Max JONIN Vice-Président      Pierre JEGOUZO Secrétaire              Pierre LE FEUVRE Secrétaire-adjoint    Jean PLAINE Trésorier                Tahar AIFA Trésorier-adj.    Jean-Luc LE STANGUENNEC        Autres membres du CA : Cyrille, P. Graviou, D. Guérin, M. Guillaume, Jean-Pierre Lefort, M-J. Le Garrec, C. Le Quellec, S. Régnault.   Participations La SGMB est membre du RIEB (réseau d’information sur l’environnement en Bretagne). Voir le site « Bretagne environnement » qui affiche des informations sur le patrimoine géologique. Deux membres de la SGMB siègent (à titre personnel) au CSRPN [Conseil scientifique régional du patrimoine naturel] de Bretagne: Marie-Josée Le Garrec, remplacée en 2011 par Pierre Jégouzo, et Max Jonin. La SGMB est membre de la Fédération Française des Géolosciences (FFG) Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d’Emeraude : la SGMB a été sollicitée pour intégrer le conseil scientifique (Pierre Jégouzo), mais le projet reste « en panne » sans être abandonné. L’Institut régional du patrimoine de Bretagne IRPa prend un nouveau départ. Pierre Jégouzo y représente la SGMB La SGMB a été invitée aux Journées régionales du patrimoine géologique JRPG de Basse-Normandie. Présentation par Max Jonin : « Au delà de l’inventaire, l’expérience bretonne ». Participation à la Réunion des sciences de la Terre RST de Bordeaux avec une présentation « Historique et enjeux du patrimoine géologique » (Max Jonin). Invitation aux 20 ans de la Maison de la nature de Belle-Ile-en-Mer (Pierre Jégouzo).   Les excursions géologiques En 2010, trois excursions ont eu lieu : Géologie et patrimoine géologique du Trégor-Goëlo (Côtes-d’Armor),le 22 mai 2010 avec Pierrick Graviou (BRGM) et Erwan Hallot (Géosciences Rennes). Suite à l’excursion le lendemain, dans le cadre des journées de la nature, Pierrick Graviou a présenté et dédicacé le livre qu’il a écrit avec Christophe Noblet « Curiosités géologiques dans le Trégor-Goëlo » Le Léon (nord-Finistère) : la série métamorphique du Conquet et les éclogites de Tréglonou, le 12 juin 2010 sous la direction de Michel Ballèvre (Géosciences Rennes). Le bassin tectonique du bas-Blavet : Eocène marin, dépôts fluviatiles, plage ancienne, tombolo de Gâvres, le 16 octobre 2010, avec Bernard Hallégouët (UBO). A l’AG de Clohars-Carnoët, balade « au cœur de la chaîne hercynienne » sur la plage de Kerrou et celle du Pouldu »   Les actions de formation, interventions et conférences La SGMB n’a pas participé en 2010 au Géofestival d’Erquy-Fréhel, dans la mesure où l’organisation ne faisait aucune place au partenariat. Conception d’un panneau pédagogique sur le site de Port-Béni à la demande de la commune et visite du site avec les élus. Un projet de Géoparc pour le Pays de Trégor-Goëlo a été présenté aux instances du Pays. Projet « Encyclopédie Bretagne » : la SGMB participe à l’élaboration du chapitre « géologie » du volume « Environnement » (Pierre Jégouzo, coordination). Présentation durant l’été 2010, à Morgat-Crozon (Finistère) de l’exposition « Mémoire de la Terre » réalisé d’après le livre éponyme par Réserves naturelles de France. 750 visiteurs. Co-édition avec Apogée et BRGM de « Curiosités géologiques en Presqu’île de Crozon » rédigé par Yves Plusquellec et collaborateurs. Visite pédagogique, dans le cadre des journées du patrimoine, à la demande du Groupe Lafarge, de la carrière de Radénac (Morbihan) (Christophe Noblet).   La protection du patrimoine géologique Dossiers suivis : carrière de la Marette (Saint-Malon-sur-Mel / Ille-et-Vilaine) /conservatrice Marie-Josée Le Garrec : un nouvel écroulement s’est produit en 2010. Une étude géotechnique est nécessaire. Ré-édition du dépliant pédagogique. carrière de Saint-Sulpice des Landes [La Galivelais] (Ille-et-Vilaine) / conservateur Pierre Le Feuvre : la cuirasse ferrugineuse tertiaire était noyée une bonne partie de l’année sous les eaux de drainage de la piste d’aviation proche. Une action a été faite auprès de la Dreal et auprès de la communauté de communes. La situation a enfin évolué. Le drainage a été dévié, la communauté de communes rencontrée reconnaît l’intérêt de ce patrimoine et a priori nous devrions prochainement pouvoir remettre ce géotope en état et le valoriser. la carrière des Rochelles en Monterfil (Ille-et-Vilaine), la Sté Pigeon propriétaire du site est favorable à notre intervention sur le site ; les contacts restent à formaliser. la coupe quaternaire de la plage des Gueux à Quimper (Finistère): sa mise en valeur reste à mettre en œuvre ; la municipalité et la co-propriété sur laquelle elle se situe sont d’accord. carrière de la Ville-en-Bois (ou Barthélémy) (Ille-et-Vilaine): aucune nouvelle action. projet de réserve naturelle régionale d’intérêt géologique en Presqu’île de Crozon (Finistère) : maîtrise d’ouvrage  PNRA, maîtrise d’œuvre  SGMB et Maison des minéraux de Crozon. Le dossier s’élabore « doucement ». Projet de « Maison des faluns » porté par la communauté de communes du Pays d’Evran (Côtes-d’Armor). La SGMB est maîtrise d’œuvre du projet, ainsi que de l’aménagement pédagogique  de la carrière de La Perchais. Un groupe de travail a été créé au sein de la SGMB ; un projet muséographique a été proposé et accepté. Echéance 2012. Un groupe de travail sur la protection-valorisation de la kersantite a été mis en place en mairie de L’Hôpital-Camfrout (Finistère) à l’initiative de la SGMB. Travail sur un projet de dépliant d’information et de panneaux pédagogiques. examen du passage éventuel du sentier littoral sur le géotope de Roguedas (Arradon, Morbihan)   Convention avec le département d’Ille-et-Vilaine En 2010, les actions ont porté principalement sur les sites suivants : contribution au schéma départemental des espaces naturels sensibles : état des lieux, bilan de l’existant géologique, propositions à 10 ans. Le schéma a retenu (axe stratégique 2, action n°6) de « mener une intervention spécifique en faveur de la préservation du patrimoine géologique » avec l’objectif de « créer un réseau de 1 à

Kerouzine
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Le bas Blavet (56) en 2010

Compte-rendu de la sortie du samedi 16 Octobre 2010 dans la région de Riantec Le bassin tectonique du bas Blavet Sortie animée par Bernard Hallégouët, Université de Bretagne occidentale (UBO, Brest) Arrêt n°1: La Falaise Arrêt n°2: Gâvres (Hélas les photos ne sont plus disponibles) Arrêt n°3: Kerouzine Arrêt n°4: Kerfaut, Plouhinec Arrêt n°5: Stervin, Riantec Arrêt n°6: Sterbouest

arret1 fig3 orthogneiss
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Léon (29) en 2010

La sortie du 12.06.2010 dans le Léon (Finistère)         La coupe du Conquet et les éclogites du LéonSortie animée par M. Michel Ballèvre (Université de Rennes 1) Rendez-vous à la pointe Saint-Mathieu(commune de Plougonvelin, 20-25 km à l’ouest de Brest, direction le Conquet). Introduction de la géologie du secteur et départ de l’excursion. Le domaine du Léon peut être décrit comme un empilement de roches métamorphiques intensément déformées avec au nord les migmatites de Plouguerneau (datées de 330 à 340 Ma), séparées au sud d’un domaine central par la zone de cisaillement de Porspoder-Guissény. Le domaine central apparaît comme un antiforme (Figure 1) plongeant légèrement vers l’Est constitué de la base vers le sommet par les orthogneiss de Plounévez-Lochrist, les paragneiss de Lesneven qui contiennent localement des reliques éclogitiques dans des lentilles de roches mafiques, (le contact entre l’orthogneiss de Plounévez-Lochrist au cœur de l’antiforme, et les paragneiss de Lesneven les recouvrant, est considéré comme un chevauchement ductile, plissé ultérieurement), les micaschistes du Conquet qui sont localement intrudés par des granitoïdes (Pointe des Renards) et présentent localement des roches mafiques, l’orthogneiss de Brest, un granitoïde intrusif dans les schistes protérozoïques de l’Elorn. Fig.1 – Carte géologique simplifiée du domaine du Léon et coupe associée.  1: micaschistes du Conquet et de Penzé et roches basiques associées. 2: amphibolites de Lannilis. 3: gneiss de Lesneven et noyaux éclogitiques. 4: orthogneiss de Plounévez-Lochrist et Tréglonou. 5: migmatites de Plouguerneau. 6: micaschistes de l’Elorn. 7: orthogneiss de Brest. 8: formations paléozoïques (Dévonien inclus). 9: formations carbonifères (bassin de Morlaix),. 10: granites varisques,. 11: failles majeures. 12: chevauchements majeurs (d’après Rolet et al., 1994) En raison d’excellentes conditions d’exposition et de son orientation globalement N-S, la côte entre la Pointe Saint-Mathieu et Kerhornou est le meilleur endroit pour analyser une partie de l’antiforme au niveau de la zone sud du domaine du Léon, les unités tectoniques et leur géométrie y étant bien visibles. D’autre part, la coupe du Conquet donne à voir une portion de croûte continentale. Les différents arrêts Arrêt 1: petite crique à 300 mètres au Nord de la Pointe Saint-Mathieu – Gneiss de Brest Affleure une roche présentant une alternance de lits clairs quartzo-felspathiques et de lits sombres à biotite, litage d’origine métamorphique caractérisant une foliation. Constituée majoritairement de quartz, de feldspath, et de biotite, cette roche métamorphique est un gneiss dont la foliation présente une orientation N70° à pendage de 30° à 40° vers le sud, ainsi qu’une linéation d’étirement à faible plongement (environ 10°) vers l’est. Fig.2 – La crique près de la Pointe Saint-Mathieu Fig.3 – l’orthogneiss de Brest à la Pointe Saint-Mathieu Nature du protolithe La grande homogénéité de la roche à l’échelle de l’affleurement lui-même situé au sein d’un corps de grande dimension connu depuis Brest (environ 70 km de long pour 3 à 4 km de large), l’absence de structures d’origine sédimentaire, la présence d’enclaves de tailles diverses et notamment de roches plus basiques (de type diorite) allongées parallèlement à la foliation métamorphique témoignent d’une origine orthogneissique (même si on n’y rencontre pas d’yeux de feldspath) (Figure 3), c’est-à-dire d’un ancien granite déformé, plus exactement d’une ancienne granodiorite (Figure 4). Fig.4 – On distingue sur la photo ci-dessus quelques enclaves plus sombres parallèles à la foliation de la granodiorite. Âge du protolithe L’âge de cet orthogneiss a été beaucoup discuté. Les premières mesures de datation absolue donnèrent des âges précambriens par la méthode Rb/Sr avec des résultats proches de 700 Ma (690 ± 40 Ma, Adams, 1967, Rb-Sr sur roche totale). Les événements métamorphiques (mais aussi les percolations de fluide ou l’altération chimique) comptant parmi les perturbations capables de remettre à zéro l’horloge du couple Rb-Sr et constituant donc les limites du système employé, un contrôle de ce résultat par une seconde méthode utilisant un système plus résistant aux perturbations métamorphiques, le couple U/Pb sur des minéraux magmatiques extrêmement résistants les zircons, donna 460 ± 70 Ma (Deutsch et Chauris, 1965), puis quelques années plus tard 466±25 Ma (Cabanis et al., 1979, U-Pb sur zircon par dissolution).Cependant, les granites étant issus pour une part de la fusion mantellique et pour une autre part de la fusion de la croûte continentale, les populations de zircons granitiques sont d’origine hétérogène et peuvent avoir des âges individuels différents. Il a été montré d’autre part que les zircons sont des assemblages pouvant enregistrer plusieurs événements géologiques, avec dans chaque cristal un cœur ancien et des zones de croissance plus jeunes d’où la nécessité d’une étude de chaque zircon. La nouvelle méthode employée consiste à bombarder la surface du minéral grâce à un faisceau laser qui pulvérise et ionise les éléments ainsi que les isotopes extraits (ionisation ICPMS), ces derniers étant analysés ensuite au spectromètre de masse. Le dernier âge fourni pour l’orthogneiss de Brest stricto sensu est alors de 504 ± 15 Ma soit un âge cambrien moyen (Marcoux et al. 2009). Les autres orthogneiss du Léon, orthogneiss de Guilmilliau, orthogneiss de Landivisiau, eux-mêmes rattachés à celui de Brest, sont aussi datés du cambrien, respectivement à 512 ± 11 Ma et à 529+6,3/-4,3 Ma (Marcoux et al., 2009). Arrêt 2: Plage de Porz-Liogan (sur la route touristique entre la Pointe Saint-Mathieu au Sud et le Conquet au Nord) Fig.5 – la plage de Porz-Liogan. Fig.6 – l’amphibolite de Porz-Liogan. Les micaschistes à grenat et staurotide du Conquet affleurent aux deux extrémités de la plage (Figure 5). Mais au Sud de cette plage affleure une roche métamorphique basique foliée constituée d’alternance de lits très clairs de plagioclase (composés de bytownite ou de labrador) et de lits plus sombres d’amphibole verte (hornblende magnésienne). Il s’agit d’une amphibolite (lesquelles sont en général à grains plus fins et beaucoup plus sombres) (Figure 6). La foliation est orientée N70° à pendage de 40° vers le sud et la linéation dans la ligne de plus grande pente. Des figures de cisaillement y sont également visibles (Figure 7). Positionnés sous l’amphibolite, présentant une foliation similaire, des gneiss assez clairs, riches en feldspaths et quartz, très déformés