La Ferrière (61)
9 – Au pays des gueules rouges : Le Circuit du Fer de La Ferrière-aux-Etangs et Dompierre, Orne Télécharger le fichier texte (doc) Il y a quelques années, l’Association pour la valorisation du patrimoine minier (AVPM), récemment devenue l’Association le Savoir et le Fer, a bâti un circuit pour faire découvrir, quelque trente ans après la cessation de l’activité extractive, les vestiges industriels de l’exploitation ancienne et moderne du minerai de fer dans la région normande de la Ferrière-aux-Etangs au nord-est de Domfront (Orne).Les principaux sites visitables sont aujourd’hui équipés de panneaux d’information qui permettent de revivre l’histoire d’un passé qui n’est pas si lointain. Même s’ils sont tous directement accessibles en voiture, ces sites méritent une découverte à pied au long du parcours que nous vous proposons. D’une longueur d’environ 12 kilomètres (prévoir 4 à 5 heures de marche), il est légèrement différent du circuit balisé par l’association. Les minerais de fer normands Depuis l’époque gallo-romaine et jusqu’au 19ème siècle, l’extraction et la métallurgie du fer ont été, comme dans tout le Massif armoricain, actives en Normandie. La toponymie : » fourneaux « , » forges « , » ferrières « , » minières » est là pour nous rappeler la présence de petites forges animées par la force hydraulique des nombreuses rivières qui parcourent le pays. Au milieu du 19ème siècle les forges artisanales disparaissent peu à peu pour faire place au début du 20ème siècle à des centres industriels qui sont une douzaine à l’aube de la première guerre mondiale.Ceux-ci disparaissent à leur tour à partir des années 1960, la dernière mine, celle de Soumont dans le Calvados, ayant cessé son activité en 1989. Le minerai de fer, d’origine sédimentaire, se dispose en couches de quelques mètres de puissance localisées dans les schistes de l’Ordovicien moyen. Comme l’ensemble des terrains paléozoïques armoricains il est plissé et se rencontre dans les principaux synclinaux paléozoïques du sud de Caen (Fig.1).Seul le gisement de Diélette, dans le nord-cotentin, fait exception; le minerai y est d’âge dévonien. Fig.1: Carte paléogéographique du Cotentin à l’Ordovicien avec emplacement des principales mines de fer (Le Gall, 2003) L’origine du fer ordovicien se trouve dans l’intense altération des terres émergées à cette époque suivie de leur lessivage et du transport du fer jusqu’à la mer. Sa formation en milieu marin est attestée par les fossiles (trilobites notamment) qui ont été trouvés dans les schistes qui l’encaissent. Le minerai se présente sous forme d’oolites, corpuscules arrondis millimétriques, constitués d’enveloppes riches en minéraux ferrifères qui enrobent un noyau de quartz. Parmi ces minéraux figurent l’hématite, la chlorite et la sidérite. Selon la nature des minéraux ferrifères, deux types de minerais sont identifiables : le minerai chlorito-carbonaté de teinte sombre, gris-verdâtre et le minerai hématitique » oxydé » à la teinte rouge caractéristique. En bordure sud du continent, dans une zone peu profonde soumise à l’agitation de l’eau, s’est déposé le minerai hématitique.Plus au large, les zones protégées et calmes favorisaient la formation des oolites d’argiles ferrifères à l’origine du minerai sombre chlorito-carbonaté.Enfin, encore plus au large, en milieu profond, faiblement alimenté par les minéraux ferrifères, se déposaient des grès ferrugineux ou des schistes noirs. Les deux variétés du minerai de fer La géologie du site de La Ferrière-aux-Etangs Fig.2: Carte géologique de la région de la Ferrière-aux-Etangs, Orne Le circuit s’inscrit sur deux grands ensembles structuraux aisément identifiables (Fig.2) : l’ensemble le plus ancien appartient au Protérozoïque supérieur de Normandie (Briovérien) dont l’histoire est à relier à celle de la chaîne cadomienne. Il est constitué de sédiments silto-gréseux recoupés par des plutons granodioritiques qui appartiennent au batholite mancellien.L’ensemble le plus récent correspond au synclinal paléozoïque de la Ferrière-aux-Etangs dont l’histoire est à relier à celle de la chaîne hercynienne. Orienté Nord-Ouest-Sud-Est, seul son flanc sud a été conservé, son flanc nord ayant disparu au long d’une faille qui le met en contact avec la granodiorite briovérienne de La Ferté-Macé.Il est constitué de terrains qui plongent faiblement au nord-est d’environ 30°.Le premier terme sédimentaire correspond à la Formation du Grès armoricain (Ordovicien inférieur) qui repose directement en discordance, soit sur les sédiments briovériens soit sur les granites mancelliens. En raison de sa résistance à l’érosion, elle forme une crête topographique facilement identifiable dans le paysage, au Mont Brûlé notamment.Au-dessus, vient la Formation des schistes du Pissot (Ordovicien inférieur à moyen), formée d’argilites et de siltites noires micacées souvent fossilifères qui admettent des passées gréseuses et quelques niveaux conglomératiques à leur base.C’est dans cette formation que se rencontrent trois couches de minerais de fer dont seule la couche basale, puissante de 2 à 5 mètres, a été exploitée.Au dessus, la sédimentation paléozoïque se poursuit jusqu’au Silurien par des alternances de grès et de schistes. Descriptif du circuit avec les principaux arrêts (Fig.3) Fig.3: Le circuit pédestre et les arrêts Le départ du circuit se trouve au Parc des Minières dans la Forêt communale de la Ferrière-aux-Etangs. Pour l’atteindre, il faut, depuis l’étang du bourg de la Ferrière-aux-Etangs prendre au pied du Mont-Brûlé une petite route en direction de Bagnoles-de-l’Orme et du Bois des Minières qui, après quelques kilomètres, domine le paysage et offre sur la droite une belle vue sur des vestiges industriels.Stationner au niveau du panneau du Bois des Minières. Arrêt 1 – Le Bois des Minières – L’exploitation ancienne du minerai (La Ferrière-aux-Etangs) C’est en utilisant les traces encore visibles d’anciennes minières que la Société Denain-Anzin entreprit les premières recherches à la demande de Léopold Pralon, délégué général du Conseil d’administration de cette société. L’attention de ce dernier sur ces minières avait été attirée par le député de la région. Le minerai de fer affleure en effet sur 4km depuis le bourg de la Ferrière-aux-Etangs jusqu’à la Fieffe et a sans doute été exploité très précocement, à l’époque celtique, à ciel ouvert. Attesté depuis 1353, l’extraction alimentait des forges grossières, situées sur l’étang de la Ferrière-aux-Etangs, appelé d’ailleurs » Etang des Forges « , puis le minerai ravitailla les grosses forges de Varenne (commune de Champsecret) jusqu’à leur fermeture en



















































































