Site officiel de la SGMB

Nom de l’auteur/autrice :wpc

Découvertes (ancien site)

Montfort-sur-Meu (35) (ancien site)

5- Brocéliande géologique ou la couleur d’une ville : Le circuit géologique pédestre de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) Télécharger le fichier texte+images (doc) Aux portes de Brocéliande, la ville de Montfort-sur-Meu est, du point de vue géologique, implantée à la fois sur le bassin rennais au sous-sol essentiellement schisteux et sur les premiers contreforts du massif de Paimpont aux roches plus variées (conglomérats, schistes et grès). Il y a une dizaine d’années, dans le cadre de ses propositions d’activités nature, l’Ecomusée du Pays de Montfort, scientifiquement conseillé par Jean Plaine, conservateur à Géosciences Rennes du Musée de géologie de l’Université de Rennes1, a tracé un circuit géologique pédestre qui s’inscrit sur ces deux domaines. Sur une boucle d’environ 12 kilomètres, empruntant des sentiers de randonnée(GR de pays, et PR) accessibles en toutes saisons, il permet une bonne approche des diverses roches sédimentaires qui font les couleurs des paysages de Bretagne centrale, roches vertes, roches violacées, et roches beiges à blanchâtres. Toutes ces roches ont autrefois été exploitées pour les besoins locaux en matériaux d’empierrement, de construction ou de couverture ce qui explique le nombre d’excavations visibles au long de ce parcours. Aujourd’hui elles sont très largement dégradées, envahies de végétation mais elles offrent encore des possibilités d’observation pour peu que l’on y exerce un œil attentif. Le circuit trouve son départ au pied de la tour du Papegaut, siège de l’Ecomusée du Pays de Montfort où chacun pourra se procurer la brochure qui décrit en détail le parcours, situe les arrêts, donne les différentes observations qui y sont possibles et aborde quelques notions de base en matière de géologie. Il est balisé de traits verts, chaque arrêt étant indiqué par un numéro également inscrit en vert sur un support (arbre, poteau). Les premiers temps du parcours se font par les rues de Montfort (rues de la Saulnerie, des Douves,…) au long desquelles les constructions anciennes à la belle architecture de pierre permettent d’observer toute la gamme d’utilisation du « poudingue de Montfort » véritable célébrité locale. Il continue par la rue des Grippeaux qui traverse des lotissements plus récents. Arrêt n°1- Les Grippeaux Ancienne ardoisière située dans le bosquet visible de la route après la ferme des Grippeaux dont on peut admirer l’architecture. Cette exploitation est ouverte dans les sédiments les plus anciens de la région, caractéristiques du sous-sol des bassins de Rennes et de Ploërmel, que les géologues armoricains placent dans le Briovérien, sans autre précision d’âge (Protérozoïque supérieur et (ou) Cambrien ?) Ce sont ici des schistes à couleur verte dominante. Arrêt n°2- La Roche Bâtiments partiellement rénovés, implantés sur les schistes briovériens qui affleurent devant la maison. La construction est représentative de l’architecture que l’on trouve au nord de Montfort avec base du mur constituée de schistes et poudingues rouges et partie supérieure en terre, alors qu’au sud de Montfort c’est la construction en pierre qui domine. Le parcours s’élève et pénètre dans le Bois du Buisson. Arrêt n°3- Bois du Buisson Ancienne excavation très dégradée dans les sédiments briovériens, ici des schistes et des niveaux plus gréseux. La stratification est difficilement identifiable, le débit principal de la roche, comme celui qui a permis la confection d’ardoises aux Grippeaux, correspondant à la schistosité régionale née des déformations du Massif armoricain à la fin de l’ère primaire au Carbonifère (événements varisques). Le chemin suit la lisière du bois et atteint le ruisseau des Fonds-Chauds qu’il remonte. Arrêt n°4- Ruisseau des Fonds-Chauds Petits affleurements de grès briovériens recristallisés (quartzites) dans le sous-bois sur la gauche. Arrêt n°5- Ruisseau des Fonds-Chauds Puissants niveaux de conglomérat couleur lie de vin, le fameux poudingue de Montfort, affleurant dans le bois des deux cotés du ruisseau et excavations qui offrent de belles surfaces de bancs inclinées à environ 45° vers le sud. Ici le conglomérat polygénique est particulièrement riche en éléments de quartz blanc anguleux à arrondis qui donnent tout l’intérêt chromatique à la roche. Ces sédiments d’origine continentale (cônes alluviaux ou cônes deltaïques) sont placés dans l’Ordovicien (âge autour de 470 millions d’années). Ils surmontent les sédiments briovériens, le contact entre les deux ensembles n’étant pas visible. Dans l’excavation la plus au sud la granulométrie de la roche diminue et l’on se trouve devant des grès plus ou moins grossiers. Arrêt n°6- Haut du bois du Buisson Au milieu du chemin affleurent des sédiments de même teinte lie de vin que le conglomérat observé plus bas mais ici le quartz a disparu, la roche a un grain plus fin; il s’agit des « schistes rouges de Pont-Réan » caractéristiques des paysages de landes que l’on trouve classiquement au sud de Rennes et en périphérie de Brocéliande. Ils ont un âge autour de 465 millions d’années (Ordovicien). Ces sédiments affleurent encore un peu plus loin au pied de la ferme de Beauregard. Le parcours se poursuit ensuite, depuis la Chevauchais et jusqu’à l’Anière, dans un paysage plus largement ouvert, cultivé, sans grande aspérité, signe que la géologie a peu à peu abandonné les schistes rouges pour entrer dans une nouvelle formation qui affleure peu. C’est le Grès armoricain que l’on peut reconnaître dans les blocs à la surface des champs et à l’arrêt suivant. Arrêt n°7- Bois de l’Abbaye Juste après le ruisseau de l’Anragot et à proximité de la route menant à Monterfil, de petites excavations permettent d’observer la troisième formation sédimentaire caractéristique du Massif de Paimpont, celle qui couronne la topographie régionale. Il s’agit de la Formation du Grès armoricain, formation gréseuse à la couleur beige à ocre dominante, souvent érodée en blocs et en sables qui offrent des sols propices à l’installation de la forêt de feuillus. On peut reconnaître la stratification proche de l’horizontale et quelques traces fossiles (terriers en forme de tubes verticaux). Ces sédiments correspondent à des sables marins littoraux consolidés (sables de plages). Ils sont placés dans l’Ordovicien, leur âge étant un peu plus jeune que les schistes rouges sous-jacents (465-460 millions d’années). Le circuit longe ensuite le bois de Saint-Lazare pour descendre vers la Penlaine de Saint-Lazare où les schistes

quevert 3
Découvertes (ancien site)

Quévert (22) (ancien site)

4- Sentier géologique, sentier botanique : Le Chemin des Roches de Quévert (Côtes-d’Armor) Télécharger le fichier texte (doc), le plan d’accès (doc) En 1993 la ville de Quévert, localité située dans les Côtes-d’Armor à quelques kilomètres au Nord-Ouest de Dinan, décidait de réhabiliter une ancienne voie ferrée proche du centre-bourg pour offrir aux habitants de la commune à la fois un lieu de promenade et un espace de découverte naturaliste. Déjà engagée dans la conservation et le valorisation des végétaux (Courtil des senteurs, Verger conservatoire) elle désirait évoquer le monde des roches bretonnes dans un espace extérieur. Le tracé de la voie ferrée était inexploité, le Chemin des Roches était né. Le Conseil scientifique a été assuré par Jean Plaine, conservateur à Géosciences-Rennes du Musée de géologie de l’Université de Rennes 1, en étroite collaboration avec la municipalité de Quévert dont le personnel communal a réalisé la collecte et la mise en œuvre des échantillons. Aujourd’hui, sur les 600 mètres linéaires disponibles de chaque côté de l’ancien tracé de la voie, sont disposés un peu plus d’une centaine de blocs dont certains dépassent la tonne. La part belle est bien sûr faite aux roches constituant le sous-sol des Côtes-d’Armor mais quelques éléments des départements limitrophes viennent compléter la collection. Les espaces de présentation alternent avec les espaces plantés des espèces végétales que l’on trouve naturellement dans le département. L’information est délivrée par des étiquettes apposées à même les roches alors que pour les plantes ce sont les classiques supports en bois gravé. Les échantillons sont regroupés par grandes familles de roches dont le mode de formation et l’âge sont donnés sur des panneaux à l’entrée du chemin: les roches sédimentaires avec les conglomérats d’Erquy-Fréhel, les grès briovériens de Guilliers, les grès armoricains de Mûr-de-Bretagne, les grès roses d’Erquy, les schistes briovériens de Guilliers, les schistes rouges de Pont-Réan, les schistes bleus de Sévignac, les schistes noirs de Maël-Carhaix, les calcaires coquilliers (faluns) de Tréfumel; les roches métamorphiques avec les cornéennes à andalousite de Glomel, les gneiss de Plénée-Jugon, les migmatites du massif de Saint-Malo, les amphibolites d’Yffiniac ; les roches magmatiques avec les différents granites (granite rose de Ploumanac’h, granite à deux micas de Quily, granites beiges de Languédias, Mégrit, granite clair de Bobital, granite à cordiérite de Huelgoat, granite bleu de Lanhélin, granite porphyroïde de Moncontour, …), le gabbro de Saint-Quay-Portrieux, les dolérites de la Côte d’Emeraude. Quelques blocs, à l’extrémité du chemin, montrent les divers types de surfaçage du granite. Ce Chemin des Roches, inauguré en Juin 1994, s’inscrit plus largement dans un ensemble de sentiers de randonnées aménagés sur le territoire de la commune. Pratique A partir de Dinan prendre la direction de Saint-Brieuc par l’ancienne route nationale 776 Au niveau d’un centre commercial, prendre à droite vers Quévert. Franchir un giratoire, puis passer au dessus de la voie rapide Saint-Brieuc-Dol-de-Bretagne (N 176) Peu après la route descend vers le centre de Quévert. Stationner dans la descente sur la droite, au niveau d’une habitation. L’accès au sentier (panneau) est visible sur la gauche de la route.    Texte et clichés: J.Plaine, Avril 2003  

Découvertes (ancien site)

La Pagerie (79) (ancien site)

3- Un exemple de valorisation d’un patrimoine bâti et géologique : Le Sentier de découverte du granite de La Pagerie (Deux-Sèvres) Dans le sud-est du Massif armoricain, au cœur de la Gâtine poitevine, entre Parthenay et Saint-Maixent-l’Ecole, un sentier de découverte baptisé « Histoires de granite » se révèle un exemple réussi de valorisation du patrimoine en faisant le lien entre la roche et ses utilisations dans l’architecture vernaculaire locale. Créé à l’initiative de la Communauté de Communes du Pays Ménigoutais, il est tracé dans le village de La Pagerie établi en bordure de la Vonne, sur les communes de Vasles et de Coutières. Long d’environ 3 kilomètres, balisé de huit petites tables de lecture sur bornes en granite, il commence par la zone d’affleurement du granite de Parthenay dont les boules volumineuses sont visibles près de la rivière puis atteint l’ancienne zone d’extraction en carrière avant d’entrer dans les rues du village où l’habitat traditionnel et le petit patrimoine (lavoir, four à pain, puits…) montrent tout le parti que les bâtisseurs ont su tirer de la ressource locale. La découverte de ce sentier peut être utilement complétée par la visite, à quelques kilomètres au sud-est, à Ménigoute, du site de l’Etang de Bois-Pouvreau, autour duquel le granite est partout affleurant (Lien Web). Clichés J. Plaine, le 1er Juillet 2000 Pratique:Au sud de Parthenay, le village de La Pagerie se situe sur la D 21 entre Vausseroux et Ménigoute. Feuille IGN au 1/25 000ème: 1627 Est Vasles  

Découvertes (ancien site)

Ploemeur (56) (ancien site)

2- Un exemple de valorisation d’un patrimoine industriel et géologique : Le sentier des kaolins à Ploemeur, Morbihan Télécharger le fichier text (doc) Sur le site de Lanvrian aux Kaolins de Ploemeur près de Lorient dans le Morbihan, la Société Denain Anzin Minéraux (DAM), en collaboration avec la municipalité, a mis en place un sentier d’interprétation baptisé le  » sentier des kaolins « . Inauguré en Octobre 2001, ce sentier, long de 1500 mètres, est implanté au cœur même de l’exploitation entre sites d’extraction et site de transformation, à quelques encablures de l’océan. Tout au long de la balade, à pied ou à vélo, 10 panneaux, en adéquation avec l’environnement proche, abordent l’histoire des kaolins, leur géologie, la production et ses différentes étapes, les utilisations des produits, les milieux naturels… Il s’agit là d’un très bon exemple de communication industrielle visant, entre autres, à la valorisation du patrimoine, à la restitution de l’histoire humaine et industrielle d’un site, à la découverte et au respect des milieux naturels. Dans la foulée de cette première réalisation, l’aménagement de sentiers du même type est prévu sur deux autres sites d’exploitation. – Cette découverte peut être utilement et agréablement complétée par une balade sur le littoral entre le Fort-Bloqué et la Pointe du Talut, en passant par le Courégant. Le leucogranite de Ploemeur y affleure très largement, les falaises portant les traces de l’intense extraction dont la roche à été l’objet. Pratique… A partir de Ploemeur, suivre par la D 162 le fléchage  » carrières de kaolins « , dépasser le hameau de Lann er Roc’h puis tourner à gauche pour prendre la route qui mène aux sites d’extraction. Franchir une voie ferrée, laisser à droite le chemin qui mène à l’usine de Kergantic et poursuivre. La route longe les monticules de déchets d’un blanc immaculé et rejoint le site de Lanvrian. Le sentier part sur la droite, un peu avant la barrière d’entrée du site. Clichés Jean Plaine, le 11 Mai 2002  

Excursions (ancien site)

Léon (29) en 2014 (ancien site)

La sortie du 12.06.2010 dans le Léon (Finistère)                                     La coupe du Conquet et les éclogites du Léon Sortie animée par M. Michel Ballèvre (Université de Rennes 1) Rendez-vous à la pointe Saint-Mathieu (commune de Plougonvelin, 20-25 km à l’ouest de Brest, direction le Conquet). Introduction de la géologie du secteur et départ de l’excursion. Le domaine du Léon peut être décrit comme un empilement de roches métamorphiques intensément déformées avec au nord les migmatites de Plouguerneau (datées de 330 à 340 Ma), séparées au sud d’un domaine central par la zone de cisaillement de Porspoder-Guissény. Le domaine central apparaît comme un antiforme (Figure 1) plongeant légèrement vers l’Est constitué de la base vers le sommet par les orthogneiss de Plounévez-Lochrist, les paragneiss de Lesneven qui contiennent localement des reliques éclogitiques dans des lentilles de roches mafiques, (le contact entre l’orthogneiss de Plounévez-Lochrist au cœur de l’antiforme, et les paragneiss de Lesneven les recouvrant, est considéré comme un chevauchement ductile, plissé ultérieurement), les micaschistes du Conquet qui sont localement intrudés par des granitoïdes (Pointe des Renards) et présentent localement des roches mafiques, l’orthogneiss de Brest, un granitoïde intrusif dans les schistes protérozoïques de l’Elorn.   Figure 1 : Carte géologique simplifiée du domaine du Léon et coupe associée. 1: micaschistes du Conquet et de Penzé et roches basiques associées, 2: amphibolites de Lannilis, 3: gneiss de Lesneven et noyaux éclogitiques, 4: orthogneiss de Plounévez-Lochrist et Tréglonou, 5: migmatites de Plouguerneau, 6: micaschistes de l’Elorn, 7: orthogneiss de Brest, 8: formations paléozoïques (Dévonien inclus), 9: formations carbonifères (bassin de Morlaix), 10: granites varisques, 11: failles majeures, 12: chevauchements majeurs (d’après Rolet et al., 1994) En raison d’excellentes conditions d’exposition et de son orientation globalement N-S, la côte entre la Pointe Saint-Mathieu et Kerhornou est le meilleur endroit pour analyser une partie de l’antiforme au niveau de la zone sud du domaine du Léon, les unités tectoniques et leur géométrie y étant bien visibles. D’autre part, la coupe du Conquet donne à voir une portion de croûte continentale. Les différents arrêts Arrêt 1: petite crique à 300 mètres au Nord de la Pointe Saint-Mathieu – Gneiss de Brest Affleure une roche présentant une alternance de lits clairs quartzo-felspathiques et de lits sombres à biotite, litage d’origine métamorphique caractérisant une foliation. Constituée majoritairement de quartz, de feldspath, et de biotite, cette roche métamorphique est un gneiss dont la foliation présente une orientation N70° à pendage de 30° à 40° vers le sud, ainsi qu’une linéation d’étirement à faible plongement (environ 10°) vers l’est. Figure 2 : la crique près de la Pointe Saint-Mathieu | Figure 3 : l’orthogneiss de Brest à la Pointe Saint-Mathieu Nature du protolithe La grande homogénéité de la roche à l’échelle de l’affleurement lui-même situé au sein d’un corps de grande dimension connu depuis Brest (environ 70 km de long pour 3 à 4 km de large), l’absence de structures d’origine sédimentaire, la présence d’enclaves de tailles diverses et notamment de roches plus basiques (de type diorite) allongées parallèlement à la foliation métamorphique témoignent d’une origine orthogneissique (même si on n’y rencontre pas d’yeux de feldspath) (Figure 3), c’est-à-dire d’un ancien granite déformé, plus exactement d’une ancienne granodiorite (Figure 4).   Figure 4 : On distingue sur la photo ci-dessus quelques enclaves plus sombres parallèles à la foliation de la granodiorite. Âge du protolithe L’âge de cet orthogneiss a été beaucoup discuté. Les premières mesures de datation absolue donnèrent des âges précambriens par la méthode Rb/Sr avec des résultats proches de 700 Ma (690 ± 40 Ma, Adams, 1967, Rb-Sr sur roche totale). Les événements métamorphiques (mais aussi les percolations de fluide ou l’altération chimique) comptant parmi les perturbations capables de remettre à zéro l’horloge du couple Rb-Sr et constituant donc les limites du système employé, un contrôle de ce résultat par une seconde méthode utilisant un système plus résistant aux perturbations métamorphiques, le couple U/Pb sur des minéraux magmatiques extrêmement résistants les zircons, donna 460 ± 70 Ma (Deutsch et Chauris, 1965), puis quelques années plus tard 466±25 Ma (Cabanis et al., 1979, U-Pb sur zircon par dissolution). Cependant, les granites étant issus pour une part de la fusion mantellique et pour une autre part de la fusion de la croûte continentale, les populations de zircons granitiques sont d’origine hétérogène et peuvent avoir des âges individuels différents. Il a été montré d’autre part que les zircons sont des assemblages pouvant enregistrer plusieurs événements géologiques, avec dans chaque cristal un cœur ancien et des zones de croissance plus jeunes d’où la nécessité d’une étude de chaque zircon. La nouvelle méthode employée consiste à bombarder la surface du minéral grâce à un faisceau laser qui pulvérise et ionise les éléments ainsi que les isotopes extraits (ionisation ICPMS), ces derniers étant analysés ensuite au spectromètre de masse. Le dernier âge fourni pour l’orthogneiss de Brest stricto sensu est alors de 504 ± 15 Ma soit un âge cambrien moyen (Marcoux et al. 2009). Les autres orthogneiss du Léon, orthogneiss de Guilmilliau, orthogneiss de Landivisiau, eux-mêmes rattachés à celui de Brest, sont aussi datés du cambrien, respectivement à 512 ± 11 Ma et à 529+6,3/-4,3 Ma (Marcoux et al., 2009). Arrêt 2: Plage de Porz-Liogan (sur la route touristique entre la Pointe Saint-Mathieu au Sud et le Conquet au Nord) Figure 5 : la plage de Porz-Liogan | Figure 6 : l’amphibolite de Porz-Liogan Les micaschistes à grenat et staurotide du Conquet affleurent aux deux extrémités de la plage (Figure 5). Mais au Sud de cette plage affleure une roche métamorphique basique foliée constituée d’alternance de lits très clairs de plagioclase (composés de bytownite ou de labrador) et de lits plus sombres d’amphibole verte (hornblende magnésienne). Il s’agit d’une amphibolite (lesquelles sont en général à grains plus fins et beaucoup plus sombres) (Figure 6). La foliation est orientée N70° à pendage de 40° vers le sud et la linéation dans la ligne de plus grande pente. Des figures de cisaillement y sont également visibles (Figure 7). Positionnés sous l’amphibolite, présentant une foliation

Excursions (ancien site)

Baie de St Brieuc (22) en 2009 (ancien site)

La sortie du 18.10.2009 en baie de Saint Brieuc (Côtes d’Armor)                                     Géologie et patrimoine géologique de la réserve naturelle nationale de la baie de Saint Brieuc Sortie animée par M. Guillaume et A. Ponsero        Il s’agit d’une sortie de terrain dans le cadre de la clôture de l’Année Internationale de la Planète Terre Les différents arrêts Arrêt 1: Poudingues de Cesson En arrivant sur le site nous apercevons d’abord (première pointe) des poudingues polygéniques. En allant plus loin vers le sud (seconde pointe), on voit des poudingues monogéniques avec des galets de granitoïdes type trondhjémite. Ensuite nous avons vu les poudingues contenant les plus gros galets. C’est sur ceux-ci que des datations ont été faites donnant des âges aux environs de 650 Ma. Les poudingues polygéniques situés les plus au nord sont très déformés. Les conditions requises pour une telle déformation sont : une température de 500°C à 600°C et une pression correspondant à une profondeur de 10 kilomètres au moins. Arrêt 2: l’Hôtellerie Nous sommes maintenant au cœur de la réserve à l’Hôtellerie (non loin de la Maison de la Baie où sont basés les gestionnaires). Nous avons d’abord regardé la falaise quaternaire : la partie inférieure s’est mise en place sur les terrains briovériens redressés à la verticale et nivelés (tufs volcaniques schistosés) entre -300.000 et -120.000 ans. Une zone de cailloutis installée sur le dépôt précédent (surface nivelée avec fentes de gel datée vers -20.000 ans) débute une partie récente. Il y a donc ici une importante lacune. Cette falaise est certes très photogénique…mais on peut se demander pour combien de temps, vu les éboulements très fréquents qui l’affectent ! Comme à l’arrêt 1, les métasédiments briovériens (tufs volcaniques schistosés avec parfois des niveaux plus grossiers) apparaissent ici aussi verticalisés et plissés (nombreuses charnières de plis visibles). En allant vers le nord, nous avons observé une zone de poudingues polygéniques (dans le prolongement de ceux de Cesson de l’autre côté de l’anse d’Yffiniac) avec des galets de petite taille et très déformés. Pour terminer nous examinons un filon de dolérite avec altération en boule (qui est des plus photogéniques !). Arrêt 3: l’anse de Lermot Nous rencontrons d’abord des grosses boules riches en fer qui proviennent d’une ancienne carapace latéritique. Dans les métasédiments briovériens des laves en coussin ont été aperçues en deux endroits : des coussins de petite taillle d’abord puis de coussins de grande taille ensuite (répérées dans la falaise par Pierre Jegouzo). Arrêt 4: St-Maurice et l’estuaire du Gouessant Sous la pointe où a été édifiée la chapelle, une trondhjémite fracturée et plus ou moins altérée rappelle les galets des poudingues monogéniques de Cesson (même type de roche et même âge). La formation de Morieux est formée ici de diorites rappelant beaucoup celles du Fort la Latte. Des filons de type basalte les traversent en plusieurs endroits Arrêt 5: Jospinet Voici en arrivant sur le site comment apparaît le contact Briovérien d’Erquy (roches sombres à gauche) et la trondhjémite (niveau clair tout à fait à droite). Nous essayons de reconnaître les formations sur lesquelles Jean Cogné s’est basé pour définir le Pentévrien. Ce qu’il a décrit comme étant à l’origine une arène nous paraît plutôt avoir été dès le début une brèche et les arénites présentes dans le niveau « basal psammite » de Roach ne sont pas très convaincantes pour Pierre Jegouzo. Arrêt 6: Port Morvan Les deux types de gneiss sont bien visibles. Gneiss quartzo-feldspathique de couleur claire et gneiss vert-sombre riches en chloritoïdes. Il est difficile de décrire les formations originelles (protolithe) vu le métamorphisme subi par les roches. Un filon de roche basique traverse à l’horizontal les gneiss : il pourrait avoir alimenté la formation d’Erquy (présente un peu plus loin sur l’estran). Texte: M. Guillaume Clichés: D. Guérin

Excursions (ancien site)

Basse-Vilaine (56) en 2009 (ancien site)

La sortie du 12.09.2009 en Basse-Vilaine                                   Sortie animée par Pierre Jégouzo, Université de Rennes 1          Pointe de Pen Lan en Billiers: introduction de la géologie du secteur et départ de l’excursion.   Observation des amphibolites à pyroxènes boudinées.   Explication des modalités de mise en place des structures boudinées et du sens du cisaillement sub-horizontal en présence de nombreux spectateurs extérieurs. Gros grains d’albite en accord avec la foliation.   Filon de microgranite injecté dans les amphibolites à la fin du processus de boudinage (ductile/fragile) et décroché par une faille dextre dont le décalage correspond à la distance entre les deux personnes. Examen minutieux des plis boudinées à axes sub-horizontaux…. Le Moustoir: Plis divers à axe EW contemporains de la déformation principale et NS tardifs. Leptynites de la Roche-Bernard (carrière désaffectée proche d’Arzal) Cale de la vieille roche: gneiss migmatitique du Broël. Granite d’anatexie de Férel-Herbignac lité sub-horizontal lors de sa mise en place et figures d’altération dans les gneiss migmatitiques.   La Roche-Bernard, rocher du Ruicard: phénoclaste feldspathique moulé par la foliation mylonitique donnant le sens du cisaillement (dextre) et linéation sub-horizontale liée à ce cisaillement.   Orthogneiss de la partie occidentale de la nappe de Champtoceaux. Les phénocristaux pluricentimétriques (microcline maclé Carlsbad) sont moulés par la foliation gneissique.   Texte: P. Jégouzo Clichés: T Aïfa, D. Guérin  

Excursions (ancien site)

Bancs de la baie du Mont Saint-Michel (35 & 50) en 2009 (ancien site)

La sortie du 21 Mars 2009 en Baie du Mont St Michel (Ille & Vilaine, Manche) Sortie animée parCatherine Bizien-Jaglin (Centre Régional Archéologique d’Alet), Chantal Bonnot (Laboratoire de Géomorphologie de Dinard – EPHE) et Jean Plaine (Géosciences-Rennes, Université de Rennes 1).        Télécharger le résumé Les Cordons coquilliers de la Baie du Mont Saint-Michel Dans la partie occidentale de la baie du Mont-Saint-Michel entre Saint-Meloir-des-Ondes et Cherrueix (Ille-et-Vilaine), sur son domaine public maritime, se trouve un système morpho-sédimentaire original marqué par la présence de cordons coquilliers alignés parallèlement au trait de côte. Ils représentent une des spécificités géomorphologiques de la baie du Mont-Saint-Michel et sont reconnus comme les plus importants de France. Du fait de leur présence et de leur rôle induit de barrière littorale, les bancs coquilliers sont à la base d’un système complexe où s’alternent de nombreux habitats végétalisés caractéristiques des fonds de baie et des rivages estuariens. En arrière, des dispositifs lagunaires, fonctionnels uniquement à pleine mer en période de vives eaux, s’individualisent localement et peuvent présenter des végétations aquatiques d’eaux salées et des habitats de dépressions humides. L’ensemble de ces éléments morpho-sédimentaires permet l’expression de nombreux cortèges floristiques, et ce, de manière souvent très imbriquée. Un système complexe et dynamique La présence de cordons coquilliers sur le haut estran est liée principalement à l’action des houles qui se surimpose à l’action prédominante des courants de marée qui règlent la répartition des faciès sédimentaires dans la baie. Comme le montre la figure 2, dans la partie occidentale de la baie du Mont-Saint-Michel, les houles de Nord-Ouest pivotent autour de la pointe du Grouin de Cancale et atteignent seulement le rivage Sud de la baie compris entre Vildé-la-Marine et La Chapelle Sainte-Anne. Le déferlement des vagues provoque un affouillement du substrat vaseux et sablo-vaseux permettant de dégager et de mobiliser en surface les coquilles de bivalves présentes au niveau du bas et du moyen estran. Le matériel carbonaté, moins dense que le sédiment alumino-silicaté environnant mis en place par la marée, migre progressivement vers le haut estran où il forme des accumulations de sables bioclastiques. La morphologie générale des bancs se caractérise par une dissymétrie entre le versant interne à forte pente vers le rivage et le versant externe en pente douce vers la mer (Caline, 1982). Plusieurs types morphologiques de bancs coquilliers peuvent être distingués en fonction de leur position sur l’estran (Bonnot-Courtois et al., 2002): – Les bancs sableux d’estran (type C) très peu épais et d’une longueur moyenne de 100 mètres. Ils sont constitués de sables et de quelques coquilles entières et se déplacent de 10 mètres par an. – Les bancs de haute slikke (type B) en bordure d’herbus (= schorre) (hauteur moyenne de 1,8 mètre et longueur moyenne de 300 mètres) qui se déplacent de moins d’1 mètre par an. Ces bancs sont constitués d’un mélange de sables et de coquilles et présentent une pente douce vers la mer et plus abrupte vers la digue. Ils isolent généralement en arrière une dépression lagunaire. – Les bancs de schorre (type A) proches des digues, stables (moins de 50 cm par an) et recouverts par une végétation halophile de fond de baie. Ces bancs sont essentiellement formés de coquilles entières. La dynamique de ces bancs dépend de leur position sur l’estran : les bancs sableux qui sont en formation sur le bas et moyen estran sont fréquemment remaniés par les houles et migrent vers le haut estran à des vitesses de plusieurs dizaines de mètres par an. Lorsqu’ils atteignent les vasières du haut estran, colonisées par la végétation halophile, ils s’enrichissent en coquilles entières et prennent de l’amplitude. Leur migration vers le trait de côte se ralentit, avec des vitesses de déplacement de l’ordre de quelques mètres par an, car ils ne sont plus atteints que par les grandes marées. Ils forment alors une barrière littorale discontinue pouvant atteindre 2 mètres d’épaisseur et isolent, en arrière d’eaux, des milieux lagunaires à sédimentation très fine. A ce stade, les bancs coquilliers ne peuvent être remaniés et ne peuvent migrer sur le schorre qu’à la faveur de tempêtes conjuguées avec des pleines mers de vive-eau. Ces bancs sont donc relativement stables et des végétations pionnières peuvent coloniser leurs flancs. Ils peuvent être fragmentés en plus petites unités et être progressivement aplanis et incorporés à l’intérieur du schorre. Ils sont ensuite couverts d’une végétation littorale caractéristique (flore halophile et dunaire). Les cordons les plus anciens, situés plus près des digues sont totalement intégrés au schorre où ils sont colonisés par une végétation caractéristique de prés salés. Les cartographies successives de l’estran établies entre le Vivier-sur-Mer et Cherrueix témoignent de la rapidité de l’évolution géomorphologique des bancs coquilliers. La dynamique sédimentaire peut-être particulièrement active au niveau de la haute slikke et remodeler les bancs qui viennent buter contre la bordure de schorre. A titre d’exemple, la cartographie des bancs du Vivier-sur-Mer entre 1993 et 2001 montre que ces derniers se sont étalés sur le bas-schorre, perdant ainsi de l’altitude et voyant leur épaisseur diminuer (Bonnot-Courtois et Dréau, 2001). Les enjeux de conservation Le développement des cordons coquilliers dans la partie occidentale de la baie du Mont-Saint-Michel présente un intérêt remarquable par l’amplitude de leur extension (verticale et horizontale) et l’originalité de ces accumulations sédimentaires carbonatées sur le littoral français. De plus, ces environnements sédimentaires portent, sur des espaces relativement restreints, une grande diversité d’habitats caractérisée par des espèces à très forte valeur patrimoniale. Ces formations originales présentent donc des enjeux écologiques marqués, reconnus au titre du réseau Natura 2000, la baie du Mont-Saint-Michel étant concernée tant par la directive « Habitats-Faune-Flore » que par la directive « Oiseaux ». Les enjeux de conservation dans ce secteur concernent essentiellement le maintien de la fonctionnalité naturelle de ces milieux, de leur originalité géomorphologique et de leur richesse patrimoniale. Pour ce faire, la dynamique naturelle d’évolution des cordons ne doit donc pas être perturbée (Mary et Vial, 2009). Clichés: P. Jégouzo, M. Jonin Ce compte-rendu est une reproduction d’extraits de l’article

Excursions (ancien site)

Ouessant (29) en 2008 (ancien site)

La sortie du 6-7.09.2008 à l’île d’Ouessant, Finistère                                     Sortie animée par Jean-René Darboux, Université de Bretagne occidentale, Brest          Samedi 06.09.2008 C’est par un temps pluvieux et maussade que nous avons pu subir la traversée « Le Conquet-Molène-Ouessant ». Après un petit « briefing », l’excursion a commencé sous la pluie et le vent, caractéristiques de l’île d’Ouessant. Arrivée époustoufflante sur l’île dans la tourmente des vagues et du vent, mais tout de suite travaux pratiques sur le premier site (1/1 sur la carte) à proximité du port du Stiff. Fig.1- Carte géologique de l’’île d’Ouessant avec les différents arrêts (1/1 à 1/8 dans la partie nord, 2/1 à 2/5 dans la partie sud) (Chauris et Hallégouet, 1994) La géologie d’Ouessant présente essentiellement des micaschistes et des granites cisaillés par une série de failles NE-SW à E-W (Fig.1). L’île est composée de 2 parties géologiques: nord (1/) et sud (2/). Le nord présente différents granites dont certains sont très déformés par un cisaillement ductile senestre. Ce cisaillement est antérieur à la mise en place de filons de microsyénite. « Trondhjémite » et pli dans des micaschistes (proche de l’arrêt 1/1). Il s’agit d’une puissante intrusion sodique à affinité trondhjémitique (Chauris, 1992) dans les micaschistes de la baie du Stiff (arrêt 1/1). La roche grenue, massive, renferme des panneaux de micaschistes parfois très déformés, présentant les uns le statut d’enclaves (ici plissées), les autres celui d’écailles insérées tectoniquement. Les gneiss migmatitiques et les micaschistes (1/2 sur la carte) de la pointe de Kadoran. Fig.2- Carte structurale d’Ouessant et relation avec la partie continentale, montrant le mécanisme de déformation ductile du granite par cisaillement senestre.   Sur les granites déformés (plan C/S, arrêt 1/2) avec mélanges magmatiques à la pointe de Kadoran. A la pointe de Kadoran (arrêt 1/2), on distingue le granite gris, à grain moyen, présentant une structure composite associant plans de cisaillement C et plans de schistosité S, signant une déformation ductile en régime de décrochement senestre (cf Fig.2) dans la direction N70° des plans C. On note la présence d’une roche sombre, à grain fin, de composition granodioritique (Chauris, 1994) dont le statut (enclaves ou filons) pourra être discuté. Leucogranite de Lokeltas fracturé avec variation de granulométrie (arrêt 1/4). La baie de Béninou (arrêt 1/3) est creusée dans un granite à 2 micas, à grain fin à moyen, à l’orientation très fruste voire inexistante. Filon de microsyénite, boudinage et microplis entre les arrêts 1/5 et 1/6 En baie de Calgrac’h (arrêt 1/4), on y retrouve le granite de Kadoran, outre les caractéristiques structurales déjà observées à la pointe éponyme (1/2), ces affleurements livrent de nombreux indices en faveur d’un mélange magmatique. Dans le port Kenzi (arrêt 1/5), le granite de Kadoran très folié (au Nord) et celui de Néninou peu déformé (au Sud) sont séparés par une bande de gneiss et micaschistes, subverticale, d’une largeur de 100 à 200 m, qui s’allonge depuis Yusin, à l’Ouest, jusqu’à Kadoran, à l’Est, dans une direction WSW-ENE conforme à la structuration régionale. Paysages divers de l’île d’Ouessant. Entre vent (moulin) et matériaux de construction (plage à galets spectaculaire!). Dans le secteur du Créac’h (arrêt 1/6), le littoral NW expose un granite à 2 micas, assez grossier, qui arme l’unité septentrionale courant de Bac’haol à l’Est, à la pointe de Pern à l’Ouest, sur 8 km environ. Ce granite de Lokeltas (Chauris, 1994) très déformé sur les bordures N et S, en régime de décrochement ductile senestre, a fait l’objet de mesures radiométriques ayant livré des âges de 303 ± 5 Ma et 309 ± 5 Ma (Leutwein et al., 1969). Quelques filons de microsyénites (Chauris, 1994) nettement sécants et postérieurs à la déformation du granite ont été datés à 286 ± 14,5 Ma (Bellon et al., 1985). A la pointe de Pern (arrêt 1/8), le granite de Lokeltas non orienté et les spectaculaires levées de galets ont marqué la fin de la journée sous une pluie battante! Un petit moment de détente pour souffler au chaud … après une bonne marche (une douzaine de km pour les plus courageux). Dimanche 07.09.2008 En baie de Lampaul, une bande de cataclasites, puissante de 250 m environ, développée aux dépens d’un granite rose porphyroïde est installée entre le granite de Lokeltas au Nord et les micaschistes de Lampaul au Sud. Ces micaschistes polydéformés admettent quelques intrusions sodiques à affinité trondhjémitique microgrenues (Chauris, 1992). Baie de Lampaul (1/8, 2/1). Granite rose cataclastique et micaschistes présentant du quartz plissé. En baie de Lampaul (arrêt 2/1), la structure et la lithologie des micaschistes du domaine central peuvent être observées. Plage quaternaire. Plis en chevron dans les micaschistes (2/2) et plis d’un filon de quartz et de granite à la pointe de Pen ar Gored. A la pointe de Pen ar Gored (arrêt 2/2), superposition de déformations dans les micaschistes à muscovite injectés de lames granitiques. Moment de détente, casse-croûte autour d’un filon sous la « surveillance » des cormorans. Effondrement gravitaire le long de la côte sud, filons d’aplite (arrêt 2/3) et micaschistes à muscovite (arrêt 2/4) A la cale de Penn ar Roc’h (arrêt 2/3), le littoral Sud de l’île se développe sur une bande de granite à biotite, à grain grossier, parfois porphyroïde, affleurant depuis la pointe de Penn ar Gored à l’Ouest, jusqu’à celle d’Arlan à l’Est. Ce granite de Porzguen (Chauris, 1994) lardé de filons est bien exposé à la cale de Pen ar Roc’h. Tandis qu’à l’Anse d’Arlan (arrêt 2/4), il existe des relations entre le granite de Porzguen et les micaschistes à musciovite encaissants. Panorama de la baie du Stiff (arrêt 2/5) La falaise septentrionale qui surplombe le port montre, sur un panorama exceptionnel par sa beauté et ses couleurs éclatantes, un contact tectonique (décro-chevauchement senestre) visible entre la trondhjémite grenue du Stiff (1/1) et les micaschistes encaissants. Entre un paysage insolite sculpté par les vents et les moutons typiques d’Ouessant, l’île attire toujours les touristes. Embarquement et retour sur le continent dans la bonne humeur…. Texte: T. Aïfa Clichés: T Aïfa, D. Guérin, H. Masquelin

Découvertes (ancien site)

Lormandière (35) (ancien site)

1- Les sites industriels ont aussi un passé… géologique : Le sentier de découverte du site de Lormandière à Chartres-de-Bretagne, Ille-et-Vilaine Télécharger le fichier texte (doc) A 10 km au sud de Rennes, la richesse de la ville de Chartres-de-Bretagne est aujourd’hui en grande partie due à l’implantation sur son territoire, à la Janais, de l’usine Citroën. Cette activité industrielle actuelle ne doit pas faire oublier un passé industriel tout autre qui se lit encore dans plusieurs sites dont celui de Lormandière à l’ouest de la commune, en limite de la commune de Bruz. Le sous-sol de Chartres-de-Bretagne recèle une « mine d’or » pour la Bretagne, à savoir des roches calcaires déposées durant l’ère tertiaire, à l’Oligocène et au Miocène, dans ce qu’il est convenu d’appeler le « bassin tertiaire de Rennes ». L’existence de ces roches, connue depuis longtemps, puisque de nombreuses exploitations artisanales anciennes ont été attestées, a justifié, dans le courant du XIXème siècle autour des années 1830-1850, l’édification de batteries de fours lorsque les besoins en chaux pour l’agriculture se sont fait sentir. Ce sont les Vieux-Fours aujourd’hui presque totalement disparus, les Grands-Fours très largement éventrés et les Fours de Lormandière, par contre, en très bon état de conservation. Les grands sites d’extraction furent les carrières des Grands-Fours et de Lormandière. Dans le cadre de sa politique de sauvegarde et de mise en valeur d’espaces naturels dans le département, le Conseil général d’Ille-et-Vilaine a fait l’acquisition des deux sites (1988-1990) principalement dans le but de protéger les nombreuses plantes (orchidées notamment) qui y ont été recensées sur les pelouses et prairies calcicoles. Il y a quelques années, sur le site de Lormandière a été aménagé un sentier pédagogique de découverte, long d’environ 2,5 km, destiné à faire connaître les diverses composantes du milieu naturel, la géologie du site, son histoire industrielle. Il s’agit là d’une heureuse initiative, même si les bâtiments désaffectés ne sont malheureusement pas encore inclus dans ce circuit, leur aménagement muséographique étant cependant à l’étude. Au point de départ du sentier, sur une aire gravillonnée, et en guise d’introduction, 3 grands pupitres ont un rapport direct avec la particularité géologique du lieu. Ils présentent la paléogéographie du monde de l’ère secondaire à l’actuel, la paléogéographie du Massif armoricain et des reconstitutions d’environnements au cours du Tertiaire et du Quaternaire et une coupe synthétique d’un front de taille avec la succession des différentes formations carbonatées. Le sentier longe ensuite des zones de culture et descend vers l’ancienne carrière aujourd’hui ennoyée puis pénètre sur la zone industrielle, où des panneaux expliquent l’histoire du site et l’activité chaufournière, avant de remonter vers des prairies calcicoles et de surplomber la carrière.    La carrière au début du 20ème siècle                                                                 La carrière en 1920   Le site industriel au début du 20ème siècle Les fours à chaux de Lormandière ne sont pas accessibles mais, chaque année, à l’occasion des Journées du Patrimoine, ils sont proposés à la visite. Pratique Pour accéder au parking du site de Lormandière prendre, depuis le rond-point de la Croix-aux-Potiers, au nord de Chartres-de-Bretagne, la direction de Bruz (D 44). Après quelques centaines de mètres, prendre la première route à droite. Cette petite route fléchée « Les Fours à Chaux » et Lormandière vous conduit, après environ 1km, jusqu’au parking qui se trouve sur la gauche. Complément à la visite Il est possible de voir les fours de l’extérieur en reprenant le véhicule, en prenant à gauche à la sortie du parking, puis à la Haye des Perrières la première route à gauche qui mène vers Lormandière dont on voit la haute cheminée en briques. En poursuivant cette petite route on rejoint la route Chartres-Bruz (D 44) qu’il suffit de traverser pour rejoindre la zone industrielle de la Croix-aux-Potiers et le site des Grands-Fours dont le seul intérêt actuel est de permettre d’appréhender l’organisation et l’architecture interne de fours à chaux. Texte et clichés, Jean Plaine