Congrès Geo inv 2015
Congrès Geo inv 2015 – Toulouse Le patrimoine géologique en Bretagne: une dynamique régionale partagée: pdf
Congrès Geo inv 2015 – Toulouse Le patrimoine géologique en Bretagne: une dynamique régionale partagée: pdf
Le patrimoine géologique : les mots pour le dire [communication faite aux 5èmes journées nationales du patrimoine géologique de Caen, 15-18 octobre 2013] Max Jonin SGMB, [commission « patrimoine géologique » de Réserves naturelles de France, Commission régionale du patrimoine géologique de Bretagne, Conférence permanente du patrimoine géologique…] J’ai déjà eu l’occasion de dire que dans notre actuelle communauté de géologues il y en a qui sont strictement des géologues et il y en a d’autres qui ont eu un parcours – et donc une culture – « protection de la nature ». L’histoire du patrimoine géologique a ses racines au sein de la protection de la nature, et particulièrement dans les réserves naturelles de France (RNF) depuis 1985. Il est bon de le rappeler au moment où les tribunes sont occupées par des petits nouveaux. Avec sans doute un peu de culot, mais avec une certaine légitimité historique, j’ose proposer un glossaire du patrimoine géologique, étant un peu fatigué, voire irrité, de lire et d’entendre ici et là chacun donner le sens qu’il veut aux mots du vocabulaire commun. Le préfixe « géo » est devenu très tendance, le moment est venu de s’entendre et de partager ce vocabulaire. L’ordre n’est pas alphabétique mais pédagogique. Patrimoine, patrimoine naturel et intérêt patrimonial Merci d’éviter le trop facile « héritage du père » pour définir le patrimoine. C’est à la fois vrai et faux, car un peu plus complexe. Retenons plutôt qu’à la notion de patrimoine, s’attachent celles d’héritage bien sûr mais aussi de transmission et donc de bonne gestion (« en bon père de famille » disait-on autrefois). Dans son art.2, la convention du 16 novembre 1972 de l’UNESCO relative à la protection du patrimoine mondial définit la notion de patrimoine naturel comme « l’ensemble des monuments naturels constitués par des formations physiques ou biologiques (…) qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esthétique ou scientifique ; les formations géologiques (…) qui ont une valeur exceptionnelle vis-à-vis du point de vue de la science ou de la conservation …. ». Il est clair qu’il ne s’agit pas là de la nature ordinaire, même si, bien évidemment, celle-là ne doit pas être ignorée des actions de protection dans une bonne gestion des territoires. Cette définition du patrimoine naturel est liée à la valeur, à la rareté. Le patrimoine naturel, dans son acception large, c’est notre environnement naturaliste, qui englobe nature ordinaire et nature « extraordinaire ». Ainsi, l’approche du patrimoine naturel d’une commune dans son PLU (plan local d’urbanisme) correspond à la prise en compte de son environnement sensu lato. En revanche, pour les acteurs de la protection de la nature, le patrimoine naturel se comprend de façon plus restrictive comme la « nature extraordinaire », la nature à forte valeur patrimoniale, c’est à-dire espèces et espaces originaux, rares, menacés (ou susceptibles de l’être), ayant un statut juridique de protection ou qui le mériteraient. Le patrimoine naturel peut ainsi se comprendre comme la nature ordinaire et la nature patrimoniale. Ainsi, le Patrimoine avec un grand « P », celui qui correspond aux métiers du patrimoine (architecture, nature, culture, etc.), se distingue du patrimoine avec un petit « p », le patrimoine sensu lato. Le patrimoine naturel n’a pas nécessairement un intérêt patrimonial (d’un point de vue naturaliste, évidemment), dès lors qu’il n’est que nature ordinaire. De la subtilité de notre belle langue ! Mais, bien évidemment, la nature dite ordinaire a tout son intérêt et mérite toute notre attention ; la conservation de la seule nature remarquable serait une totale illusion. ZNIEFF et ZIG Les ZNIEFF correspondent à des espaces de nature remarquable ou « patrimoniale ». Pour qu’un espace soit retenu comme ZNIEFF, il doit correspondre à un habitat remarquable (cf. listes) et héberger des espèces déterminantes qui sont des espèces ayant un statut juridique de protection ou figurant sur des listes d’espèces remarquables. La géologie ne permettant pas l’établissement de listes d’espèces minérales, de fossiles, de formations, etc. à protéger, il a été proposé, en équivalence, la notion « d’objet géologique remarquable » (OGR) qui devront montrer des critères déterminants pour intégrer le patrimoine géologique. Pour l’histoire, il faut noter que dans les années 1985-88, la région PACA (Roger Anglada) avait établi des ZNIEFFG, ajoutant de façon originale et pionnière le « G » aux classiques ZNIEFF. En 1999, Jon Gunnar Ottosson (directeur de l’Institut islandais d’histoire naturelle), propose au secrétariat de la convention de Berne que le réseau Emeraude des zones d’intérêt spécial pour la conservation retienne le projet de Zones d’Intérêt Géologique (ZIG). En 2000, sont établies les modalités de détermination et diffusées une recommandation à l’intention des états membres (le ministère chargé de l’environnement était présent aux réunions). Le texte parle de « géopréservation », de « géozones » (zones géologiques pertinentes) et de « zones représentatives » notamment de l’histoire géologiques des pays. Cette démarche (dans le cadre du Conseil de l’Europe), très proche du travail en cours au même moment au sein de RNF et de la CPPG, n’a finalement pas eu les suites que l’on pouvait espérer et est abandonné, semble-t-il. A propos de « géo » Deux racines grecques : gê [gué] et gaîa [gaïa]. « Gê » c’est le corps par opposition à l’air, l’eau et le feu. Gê, c’est la Terre physique, la planète. « Gaîa » est la Terre des poètes. Aux débuts du monde il y avait le Chaos (la béance, le vide), Gaîa et Eros. Hésiode évoque Gaîa « la Terre aux larges flancs », la déesse Gaîa enfante les dieux et le monde. Géologie. Tous les termes déclinés à partir de géologie ont pour racine grecque « gê ». C’est une des sciences fondamentales de la nature, c’est la science de la Terre, la science qui étudie notre planète dans tous ses aspects. La géomorphologie – discipline partagée avec les géographes – décrit et comprend les formes du relief. Elle est intégrée dans la démarche patrimoniale géologique. Les Géosciences étendent le champ