Clohars-Carnoet (29) en 2022 (G)
Sortie du 02 avril 2022 – Marie-José Le Garrec Le Bas Pouldu en Clohars-Carnoët , sud Finistère. THEME: Les protolithes de l’Ordovicien inférieur (480 Ma ) : dualité du volcanisme basaltique et du volcanisme rhyolitique en contexte sédimentaire. Les observations se font depuis l’accès à la plage de Saint-Julien jusqu’au Mât Pilote, puis retour par l’estran: Situation géologique : carte géologique à 1/50 000 de Lorient, « Unité des micaschistes du Pouldu » définie par F. Béchennec sur la carte à 1/50 000 voisine de Concarneau : carte n°1 et 2. 2 carte géologique Lorient 1ère édition (1972). 4 – carte Lorient 2ème édition (2012) Carte des affleurements Cette sortie concerne peu le métamorphisme mais principalement les protolithes. Arrêt 1: Au passage : un bel exemple de fauchage : Suit un niveau de prasinites d’une vingtaine de centimètres interstratifié dans des gneiss ocellés. Sa faible puissance évoque déjà d’anciennes cendres basaltiques et non une coulée . Les gneiss ocellés sont habituellement considérés comme d’anciens niveaux de grauwackes. Arrêt 2 : De beaux plis intrafoliaux mis en évidence par l’alternance de niveaux clairs (métarhyolite) et de niveaux gneissiques sombres. Photo n°2 : Plis pluridécimétriques déversés vers le Sud. métacinérites rhyolitiques et amphibolites. Suit un niveau d’environ 10 m de prasinite. Arrêt 3 : Nous avons ici, de bas en haut : en bas de falaise un niveau de prasinite (selon l’ensablement, non vu pendant la sortie) ; des porphyroïdes à ocelles plus ou moins anguleuses de quartz et albite, niveau qui s’amincit rapidement vers l’Ouest. un second niveau de prasinite, une leptynite jusqu’ au haut de la falaise. Photo n°3: superposition de porphyroïde, prasinite, gneiss clair. Photo n°4 : détail de porphyroïde. Les protolithes de cet ensemble seraient : – des métacinérites basaltiques pour les prasinites ; – les niveaux de porphyroïdes sont habituellement interprétés comme d’anciennes nuées ardentes cependant la puissance métrique de ce niveau évoque plutôt des retombées de pyroclastites (ou une nuée ardente remaniée ?); – le second niveau de prasinite est particulièrement intéressant par la présence d’une bombe fuselée dont on voit nettement le cratère d’impact dans les cendres, sa périphérie vitreuse bien conservée est devenue une pellicule noire aphyrique de quelques millimètres tandis que son cœur est de l’épidotite (photos 5 et 6). La différence de composition minéralogique entre les prasinites, anciennes cendres, et l’épidotite du cœur de la bombe, plus hydraté, résulterait du piégeage des gaz lors de son refroidissement. Par ailleurs le pédoncule très fragile de telles bombes se brise lors de l’impact au sol et/ou par rétraction lors du refroidissement. Ici les différents fragments restés bien alignés sont la preuve non seulement d’un volcanisme aérien mais aussi de retombées en domaine terrestre : en domaine marin ces fragments auraient été éparpillés. Le cratère d’impact est de plus un critère de polarité. A noter dans ce même niveau quelques petites bombes décimétriques d’épidotite ayant toutes la même orientation. Photo n°5 : Dans des métacinérites basaltiques (prasinites) une bombe fuselée avec la périphérie vitrifiée noire et le cœur d’épidotite. Son cratère d’impact dans les cendres reste visible (critère de polarité). Photo n°6 : bombe basaltique actuelle avec surface vitrifiée et vacuoles au cœur. – le gneiss clair au-dessus peut correspondre à des pyroclastites rhyolitiques plus fines éventuellement remaniées. Cet affleurement témoigne de la coexistence d’un volcanisme basaltique explosif et d’un volcanisme acide lui aussi explosif en domaine terrestre mais proche du littoral compte tenu des métagrauwackes observées précédemment. Remarquer aussi les décrochements . Photo n°7 : décrochements dextres soulignés par le décalage des prasinites. Arrêt n° 4: Au fond de cette première crique un filon subméridien de microgranite non déformé est daté à 329 +- 4 Ma. Sa composition chimique permet de le raccorder au granite de Guidel daté à 332 +- 4 Ma (F. Béchennec, 2012). (La situation en fond de crique de ce filon résulte d’une exploitation pour des matériaux de construction). A remarquer de part et d’autre de cette crique le décalage des niveaux de prasinites et de porphyroïdes : décrochements N-S dextres ayant aussi une composante verticale. Sur l’estran, un décrochement sénestre affectant le filon de microgranite n’est visible qu’en fonction de l’ensablement (non vu pendant la sortie). Photo n°8 : première crique : filon de microgranite avec décrochement senestre visible quand fort désensablement. Arrêt n° 5: Seconde crique : deux failles parallèles N-S encadrent un panneau non broyé mais cependant fracturé et plissé d’amphibolite noire avec lits d’épidotite. A sa base un niveau de porphyroïde n’est visible que par fort désensablement, non vu lors de la sortie. La falaise de leptynite , métacinérites rhyolitiques, comprend quelques lits infra décimétriques de prasinite . Ces leptynites sont souvent de texture granuleuse mais certains niveaux sont aphyriques. Une brèche de faille d’une vingtaine de mètres de large termine cet ensemble. Photo n°9 : deuxième crique : panneau d’amphibolite et épidotite entre deux failles subméridiennes Arrêt 6: Si jusqu’à présent les métapyroclastites tant basaltiques que rhyolitiques et les méta grauwackes témoignent d’un environnement littoral à sublittoral, nous passons brusquement à un tout autre environnement : des micaschistes sombres, fins, à chloritoïde, graphite et niveaux de grenats centimétriques. Ces méta-argilites se sont déposées en milieu profond et anoxique puisque les matières organiques n’ont pas été totalement décomposées. Dans ces micaschistes intensément laminés de discrètes charnières de plis intrafoliaux sont soulignés par de fins niveaux de quartz d’exsudation. Photo n°10 : après une brèche de faille dans les métacinérites rhyolitiques (à droite) : affleurement de micaschiste fin graphiteux Photo n°11 : micaschiste fin graphiteux avec exsudats de quartz Arrêt 7: A ces micaschistes suit un niveau stratifié, alternance d’amphibolite et d’épidotite mais comprenant aussi des passées centimétriques à décimétriques de gneiss ocellé puis une légère discordance angulaire le sépare d’une zone plissée de 4-5 mètres de large. Photo n°12a : légère discordance angulaire entre micaschistes fins et l’amphibolite noire. Photo 12b : amphibolite plissée au contact du micaschiste. L’alternance de lits sombres et d’épidotite reprend sur 10 à 15 mètres (grotte comme repère) avant de passer à une amphibolite litée , anciennes cinérites de











































































