Saint-Ganton (35)
Le circuit d’interprétation de Saint-Ganton, Ille-et-Vilaine « du p’tit rotiet vers la Cohue » La ville de Saint-Ganton [Le nom de Saint-Ganton viendrait de saint Guenganton ou Hingueten, moine de l’abbaye de Saint-Méen ou évêque de Vannes au VIIe siècle] se situe en Ille-et-Vilaine, à 20 km au nord-est de Redon et à proximité de la vallée de la Vilaine. Afin de valoriser un patrimoine bâti, historique et paysager quelque peu original, un circuit d’interprétation, ponctué d’une douzaine de lieux d’observation a été mis en place il y a un peu moins d’une dizaine d’années (inauguration en juillet 2008). La géologie y est très présente puisque le village, au lieu-dit « La Roche » est littéralement « encastré » dans une ancienne carrière de pierres schisteuses dont l’architecture vernaculaire en offre un remarquable registre de mise en œuvre. La partie tout à fait méridionale de la commune dans laquelle s’inscrit le parcours, appartient à l’anticlinal de Grand-Fougeray-Sainte-Anne-sur-Vilaine dans lequel, au-dessus des formations briovériennes du bassin de Pipriac on trouve les formations ordoviciennes de Pont-Réan puis du Grès armoricain. Ce sont ces 3 formations qui constituent l’essentiel des paysages de Saint-Ganton (fig.1). Fig.1 – Carte géologique simplifiée de la commune de Saint-Ganton. Renseignements utiles Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 1120 Est Pipriac Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Pipriac (387) Longueur : 1,5 km – Durée : environ 2 h. Descriptif du parcours (fig.2) Fig.2 – Tracé du circuit avec situation des arrêts. Point de départ : zone de stationnement à proximité de l’église. Partir en direction de l’église en franchissant le mur nord du cimetière par un portillon. Cette entrée était autrefois marquée par un échalier en dalle de schiste bleu dressée verticalement, disparu dans les années 60 qui avait pour fonction d’empêcher les animaux en liberté d’entrer et de chercher à fouiller dans la terre et avait également une fonction plus symbolique de délimitation de l’espace sacré qu’est l’enclos paroissial. Arrêt n°1- L’Eglise Saint-Quentin (architecte : Joseph-Fleury Chenantais, de Nantes) Ce qui est remarquable dans l’édifice reconstruit dans la deuxième moitié du XVIIe siècle avec son clocher-porche qui date du XIXe siècle c’est l’abondante utilisation d’un matériau étranger à la commune, à savoir le grès de la Morinais jadis exploité à proximité de Langon à quelques 5 km au sud. Ce grès est l’équivalent des grès du Châtellier d’âge ordovicien supérieur décrits au sud de Rennes. La porte d’entrée, qui donne à l’ouest, est un bon exemple de travail de taille sur ce grès plutôt tendre. Les belles marches de passage sont des dalles de schiste bleu-noir sans doute là encore originaires soit de la région de Langon, soit de Renac (Formation ordovicienne de Traveusot). À partir du cimetière descendre au sud par un chemin herbu (lisse en bois) puis aller à droite pour rejoindre la fontaine Saint-Eutrope. Arrêt n°2- La fontaine Saint-Eutrope. Implantée sur un lieu de source, vraisemblablement à la limite entre formations briovériennes et formations paléozoïques, elle combine plusieurs matériaux d’origine proximale, naturels et fabriqués. La maçonnerie générale est faite de pierres de la carrière de la Roche (cf. arrêt n°7), la margelle étant barrée par une dalle schisteuse (un palis) provenant aussi de la Roche. La voûte est en briques qui proviennent des briqueteries de Langon, non loin de la Vilaine. Elles ont été fabriquées à partir d’argile extraite en bordure du fleuve. Une niche avec entourage en bois sert à loger une statue de Saint-Eutrope. La vallée en contrebas, avec le ruisseau de la Couarde, illustre l’érosion des matériaux les plus tendres. Revenir vers le cimetière et aller à droite en longeant extérieurement son mur d’enceinte pour rejoindre la D 54. Descendre sur près de 150 mètres la D 54 jusqu’au premier chemin goudronné (panneau de voie sans issue) qui part à droite. Arrêt n°3- En amont du ruisseau de la Couarde. En cet arrêt, c’est le paysage qui est révélé au travers des fenêtres de visée qui percent le panneau vertical d’interprétation. En arrière plan des terrasses de la prairie, le mur d’enceinte de l’enclos paroissial descend jusqu’à la fontaine Saint-Eutrope. A mi-pente, caché par les arbres entourant un ancien vivier, un « ferrier » voisine avec des affleurements rocheux et rappelle l’exploitation du minerai de fer. Sur la gauche, les bois du Bot gardent le souvenir des métiers du bois et à l’horizon, le pylône marque la ligne haute tension de Pont-Château à Rennes construite en 1941. Descendre le chemin goudronné qui longe des bâtisses à architecture de schiste jusqu’à un passage en herbe très pentu (le fameux p’tit rotiet de l’intitulé du circuit) qui rejoint la voie communale qui mène à La Couarde. Continuer jusqu’au ruisseau de la Couarde où, dans une zone humide et auprès d’un petit plan d’eau est accessible le panneau n°4. Arrêt n°4- Le ruisseau de la Couarde. Le ruisseau de la Couarde coule au plus bas du circuit dans les formations géologiques briovériennes, les plus anciennes de la commune. Cette halte gardant le souvenir du battoir des Lavandières permet d’écouter, de voir la faune et de sentir la flore. Sous l’ancien Régime, c’était la frontière entre les évêchés de Saint-Malo et de Vannes. Remonter la voie communale vers la Roche tout en ne manquant pas d’admirer sur la droite un beau parc arboré. Après le « p’tit rotiet » que l’on délaisse, un vaste et haut mur en schiste (mur du presbytère) est littéralement posé sur des schistes gris-bleu à bleu qui appartiennent à la Formation ordovicienne de Pont-Réan. Des structures de déformation, tels des microplis y sont observables. Au sud de Rennes, ces roches possèdent une couleur lie-de-vin ce qui explique leur qualificatif de « schistes rouges » alors qu’ici, comme on peut le voir dans les moellons constitutifs du haut mur c’est la teinte bleu sombre qui domine. Cette particularité sera expliquée dans l’arrêt n°7 Sur le côté droit de la voie communale sont visibles quelque plaques de schistes en mauvais état en base de haie. Ces dalles fichées verticalement se nomment « palis » et seront observées un peu partout dans le village occupant diverses fonctions.




















































































