Circuit d’interprétation de Guéhenno, Morbihan Le granit se raconte Guéhenno, commune située au sud-ouest de Josselin dans le Morbihan, dotée du label « Commune du patrimoine rural de Bretagne », se caractérise par la richesse de son patrimoine architectural et paysager. S’étirant dans un paysage verdoyant traversé par les vallées du Sedon et du Lay, elle offre au visiteur le plaisir de découvrir l’architecture rurale et religieuse typique de la région. Même si l’essentiel de son sous-sol est constitué de formations sédimentaires protérozoïques (Briovérien) le granite y est accessible dans la butte du Mont, témoin avancé des nombreux leucogranites carbonifères qui sont présents plus au sud tels ceux de Bignan, de Lizio-La Villeder et qui ont été, ou sont encore, largement exploités et mis en œuvre dans le bâti traditionnel. Dans le cadre des travaux d’aménagement du bourg menés en 2005, la commune a mis en place un circuit de mise en valeur de son patrimoine architectural aidé par un jeu de lumières et des panneaux explicatifs qui ont pour objectif de faire découvrir aux visiteurs le granit(e) et les savoir-faire des artisans ou artistes qui l’ont travaillé au cours des siècles, tout en s’appuyant sur le bâti du village (maisons, monuments, croix…). À Guéhenno, le granite se raconte au fil d’un circuit d’interprétation ! Au départ de la place du village (place du Marché), flânez dans les rues et partez à la découverte du bourg et du granite à travers 8 étapes matérialisées par des plaques informatives en lave émaillée, au long d’un parcours balisé par l’outil du tailleur. Documents utiles Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 0919 Est Josselin Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Josselin (n°350) Description du circuit (fig.1) Fig.1 – Tracé du circuit avec les différents arrêts. – Arrêt n°1- Place du Marché – Point de départ Voulez-vous des pierres de taille ? Fouillez au pied de la butte du Mont côté du nord près du bourg ; voulez-vous de la pierre de maçonne, fouillez dur le revers de la butte du Mont au midi ; voulez-vous des pierres propres à la sculpture, aux moulures, allez à Coëlo ; voulez-vous du pavage, allez à la ville Moisan. Quant à la pierre ordinaire, vous en trouverez partout. » L’abbé Jacquot, recteur à Guéhenno de 1853 à 1866. Vous l’aurez compris, le sol de Guéhenno est riche en granites de qualités différentes. C’est à l’exploitation de cette pierre de granite, par des hommes maîtrisant un riche savoir-faire, que Guéhenno doit son identité et sa (ses) richesse(s). Depuis la place du Marché, partir au sud-sud-est par la rue Saint-Jean pour rejoindre un alignement de maisons de diverses époques. – Arrêt n°2- 3 à 9 rue Saint-Jean – De pierre brute je suis devenue…pierre de maçonne Devant cet alignement de maisons, on voit une évolution dans l’utilisation du granite au fil des siècles. Autour des XVIème et XVIIème siècles, les plus fortunés ont commencé à l’employer pour construire un abri solide. Jusqu’au XVIIIème siècle : – taille régulière des pierres d’ouvertures ; – rugosité au toucher ; – absence de géométrie ; – appuis moulurés, porte en arc de plein cintre, pierre d’évier… La deuxième moitié du XIXème siècle voit apparaître de nouvelles techniques de taille avec la mécanisation et une certaine standardisation. Le granite devient plus facilement accessible. Au début du XXème siècle, les techniques de maçonnerie changent avec l’arrivée du ciment et l’emploi du béton en remplacement de la pierre. Poursuivre jusqu’à la rue Saint-Michel qu’il faut prendre à gauche sur quelques dizaines de mètres, puis aller à gauche par la rue de l’Eglise en direction de l’enclos paroissial que l’on aperçoit d’emblée. – Arrêt n°3- Rue de l’Eglise – De pierre brute je suis devenue…expression de l’art religieux Dans l’espace fermé et excentré par rapport au bourg qu’est l’enclos paroissial, se confrontent l’église du village, le cimetière, un ossuaire et surtout le calvaire monumental, l’un des plus beaux monuments de ce type en Bretagne. Ici le granite est mis en œuvre sous toutes ses formes. Le mur d’enceinte est une protection contre les animaux en ne laissant passer que les hommes par l’ « échalier ». Dans le cimetière, en signe de respect pour les défunts, et même s’il n’est pas d’origine proximale, il est utilisé pour les pierres tombales. Le calvaire monumental date du XVIe siècle.
Fort de son histoire et chargé de symboles, le calvaire de Guéhenno compte parmi les plus beaux monuments de ce type (un des 7 calvaires classés monumentaux de Bretagne, unique en Morbihan).
Le calvaire est un vrai livre d’histoire religieuse, érigé afin de transmettre l’histoire sainte aux paroissiens illettrés. Réalisé en 1550, il fut détruit presque en totalité en 1793-1794, puis entièrement restauré en 1853 par l’Abbé Jacquot, aidé de son vicaire et des habitants de Guéhenno. Le calvaire est réalisé en pierres de taille de granite, d’un ton beige à grain fin, extraites des carrières de Guéhenno. La qualité du matériau permet un travail de la pierre très précis et offre des possibilités d’ajourement et de refouillement étonnantes. Le calvaire est de nouveau restauré en 2002, à partir des techniques minutieusement décrites par l’Abbé Jacquot. L’ossuaire a été ajouté en 1863 et sur une de ses faces, dans un seul bloc de granite sculpté, est mise en scène la passion du Christ, la pierre se faisant livre de catéchisme pour éduquer. Contourner l’église par le nord en prenant la rue du Calvaire qui descend jusqu’à la rue Abbé Jacquot qu’il faut prendre sur la gauche jusqu’au carrefour avec la rue Saint-Pierre. Arrêt n°4– 6 rue Saint-Pierre – De pierre brute je suis devenue…le quotidien de deux mondes Vous venez de quitter un lieu « sacré » pour pénétrer dans un espace de vie quotidienne Autour de cette placette subsistent aujourd’hui de petites maisons en granite et quelques vestiges de ruelles. On peut aisément se transporter quelques siècles en arrière et imaginer le quotidien d’une place de village avec ses conversations, rumeurs…, jeux et cris d’enfants…, bruits d’outils et de charrettes…, labeurs, veillées…, mélange d’odeurs,